Gerpinnes: 20 ans de prison pour Yimaz Cakmak coupable d'un double assassinat

Les faits avaient été commis dans un quartier résidentiel calme de Gerpinnes
Les faits avaient été commis dans un quartier résidentiel calme de Gerpinnes - © Google Street View

Le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné Yimaz Cakmak à 20 ans de prison ferme pour l'assassinat de son fils et de sa belle-fille survenu en juillet 2014 à Gerpinnes. La préméditation, contestée par le prévenu, a été retenue mais le juge a estimé que la peine maximale pour ce type de dossier correctionnalisé était de 20 ans.

Le 26 juillet 2014, Yilmaz Cakmak, un quinquagénaire actif dans la vente de véhicules, se présentait à la police de Walcourt en affirmant avoir tué son fils Michaël et sa belle-fille Déborah Alaimo. Les enquêteurs avaient effectivement découvert les corps des deux victimes dans leur maison de Gerpinnes. Michaël Cakmak avait été abattu d'une balle dans la tête alors que sa compagne, touchée d'abord à la bouche, avait été exécutée à bout portant d'une balle dans la nuque.

Le mobile de ce double assassinat avait visiblement un rapport avec les ennuis financiers importants de Michaël Cakmak, qui entraînait dans sa chute son père et son frère, avec qui il gérait un garage. Yilmaz Cakmak l'avait couvert à plusieurs reprises mais attribuait partiellement ses déboires financiers à sa belle-fille.

Cependant, en cours d'enquête, le suspect était revenu sur ses aveux, affirmant que "des hommes cagoulés à qui son fils devait de l'argent avaient exécuté les victimes alors qu'il se trouvait aux toilettes, en utilisant son arme et en l'obligeant à faire une fausse déclaration à la police". A l'audience, Yilmaz Cakmak a toutefois reconnu avoir inventé cette histoire en affirmant "qu'il ne se souvenait plus d'avoir tué son fils et sa belle-fille".

Le jour des faits, il s'était rendu à Waterloo avec les victimes pour, selon ses dires, y vendre deux armes et échanger deux voitures. C'est au retour du Brabant wallon qu'il était passé à l'action. Me Khoulalène, son avocat, avait contesté la préméditation mais le tribunal a estimé celle-ci établie. En effet, la téléphonie démontre que le prévenu a inventé cette histoire de vente pour justifier le fait qu'il détenait son arme avec lui. Le tribunal ajoute que, trois semaines avant les faits, il avait promis à sa femme que leur fils "ne la frapperait plus pour obtenir de l'argent".

Une divergence persistait également entre le parquet et la défense à propos de la peine maximale à appliquer, compte tenu de la correctionnalisation des faits d'assassinat, autrefois traités exclusivement par la cour d'assises et passibles de la peine de réclusion à perpétuité.

Selon le tribunal, la correctionnalisation place le maximum à 20 ans de prison, peine dont Yilmaz Cakmak a finalement écopé.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK