Geoffrey Frébutte: "Non, la balle pelote n'est pas morte!"

Le Jurbisien Geoffrey Frébutte, debout les mains levées au sein du groupe de Baasrode
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Le Jurbisien Geoffrey Frébutte, debout les mains levées au sein du groupe de Baasrode - © Baasrode

Le championnat de Division 1 de balle pelote a repris ses droits le dimanche 1er mai. Sans réelle surprise puisque les grosses cylindrées ont toutes gagné: Kersken (champion en titre), Thieulain ou encore Baasrode.

Baasrode, c’est un petit village de l’entité de Termonde, en Flandre orientale, où nous avons goûté le week-end dernier pour la première fois de l’année au vocabulaire si particulier du jeu de balle. Entre "chasse", "tamis", "livrée" et "balle outre", voici l’interview de l’un des meilleurs pelotaris du pays, membre de l’équipe nationale, le Jurbisien Geoffrey Frébutte, 30 ans, deux fois champion avec Baasrode (en 2013 et 2014) et lauréat il y a 10 jours de la SuperCoupe.

Geoffrey, la saison vient de débuter. Il était temps ?

"L’envie est là ! Les choses sérieuses recommencent vraiment maintenant avec la reprise du championnat. La préparation a été longue. On a disputé pas mal de matches amicaux dans le mauvais temps. On a hâte que le soleil revienne et que les luttes sérieuses reprennent."

La balle pelote est vraiment un sport d’été par excellence ?

"Oui, totalement. De toute façon, il est impossible de jouer à la balle pelote en hiver. On se blesserait à la main en frappant dans la balle. Il faut absolument du beau temps. Ce n’est pas comme au football… Au jeu de balle, s’il pleut, on est obligé d’arrêter. C’est un sport d’été, sans aucun doute."

D’année en année, on a l’impression que les ballodromes sont de plus en plus désertés par les spectateurs. La balle pelote n’est-elle pas en train de mourir à petit feu ?

"Faut pas se leurrer ! Par rapport à la grande époque de la balle pelote, dans les années 60 et 70, il y a moins de passionnés. La télévision a joué un rôle. Et puis, on a installé pas mal de parkings sur les places de village rendant la pratique de notre sport compliquée. Il faut donc être honnête : oui, l’affluence a diminué mais la balle pelote n’est pas morte ! Regardez par exemple le Tournoi de Sirault ou le Grand Prix Simoulin à Isières, il y a toujours beaucoup de monde. C’est à nous, les joueurs, de par nos prestations et l’ambiance que l’on peut mettre, d’essayer d’attirer des gens."

Mais est-ce que le petit monde de la balle pelote ne se tire pas lui-même une… balle dans le pied en relançant chaque année des polémiques sur la formule de la compétition, sur les gants, sur la balle, etc. ?

"Oui, c’est bien possible. On peut évidemment passer son temps à polémiquer, à débattre… En ce qui concerne la formule du championnat, on est revenu à un système plus attirant avec des play-offs en fin de saison qui permettent aux meilleures équipes de s’affronter entre-elles. C’est un peu comme au football, tout le monde est content d’aller voir un Anderlecht-Bruges et il y a moins de gens à Waasland Beveren-Mouscron Péruwelz ! Ces play-offs génèrent naturellement un attrait du public. Par contre, la polémique concernant les gants et les balles sera encore d’actualité pendant plusieurs années parce qu’il n’existe pas vraiment de solution miracle."

Vous êtes hennuyer. Le Hainaut est une terre de balle pelote. Et pourtant, depuis six saisons, vous jouez à Baasrode, en Flandre. Jurbise et ses alentours ne vous manquent pas?

"Je suis très fier de jouer à Baasrode, je n’ai jamais eu le moindre regret. C’est grâce à Baasrode que je suis devenu champion de Belgique. C’est grâce à Baasrode que j’ai enfin pu remporter l’année passée le Tournoi de Sirault dont je rêvais depuis mes débuts. Je suis reconnaissant envers les dirigeants qui m’ont donné cette chance il y a 6 ans alors que j’étais dans une période plus difficile. Je leur tire mon chapeau!".

À Baasrode, vous êtes au cœur d’une région très flamande, voire flamingante. Et pourtant, deux Wallons y jouent, Guillaume Dumoulin et vous-même. Comment se passe l’intégration ?

"Ce n’est pas tous les jours facile, on ne va pas se mentir. On doit prester en permanence au meilleur niveau, afficher la bonne mentalité et montrer qu’on n’est pas là en touristes. On est pardonnés quand on fait une mauvaise lutte à la seule condition que l’on s’accroche pendant toute la partie et que l’on montre du caractère".

"Cela reste une équipe du top, qu’elle soit flamande ou wallonne. Et ce n’est évident pour personne de prester au top niveau à chaque match. Ici les infrastructures sont les plus belles que l’on peut trouver en Belgique. Baasrode est vraiment un village qui vit pour la balle pelote. Il y a de véritables tribunes autour du terrain, des douches de luxe plus jolies que chez moi… Mais ils attendent en retour qu’on mouille le maillot et qu’on se donne à 100%."

Votre équipe peut-elle gagner le championnat? Ou bien Kersken est vraiment au-dessus ?

"On va évidemment essayer de les titiller. Il ne faut pas oublier que Kersken a remporté huit des dix derniers championnats. De notre côté, nous n’en avons gagnés que deux. Ils ont plus de talent que nous, notamment avec Benjamin Dochier (septuple Gant d’or !). Ils restent clairement favoris sur papier. Mais quand nous sommes dans un bon jour et qu’on respecte bien les limites du jeu, on peut les battre, comme il y a 10 jours à l’occasion de la Super Coupe!".

Vous êtes l’un de ces nombreux pelotaris affiliés dans un club de foot. Qui dit début de saison en balle pelote dit donc aussi fin de saison en football...

"En effet. Si je joue au foot, c’est avant tout pour garder la forme. J’aime bien boire et manger donc, je le sais, si je ne fais rien, je vais grossir ! Et comme j’ai toujours été un fan de foot depuis mon plus jeune âge, je continue à le pratiquer l’hiver. C’est également un sport collectif avec de l’ambiance et ça me permet de rester dans le bain. Ca fait du bien! Je suis gardien de buts à Chièvres. Nous avons terminé le championnat à la sixième place de la Provinciale 3B et nous sommes qualifiés pour le tour final. Mais ce sera hélas sans moi…".

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