Football: le Royal Excel Mouscron lance une équipe de réfugiés

Au-delà de l'aspect purement sportif, la création de cette équipe permet aussi de faire sortir ces résidents du centre d'accueil et de les intégrer au sein de la population locale.
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Au-delà de l'aspect purement sportif, la création de cette équipe permet aussi de faire sortir ces résidents du centre d'accueil et de les intégrer au sein de la population locale. - © RTBF

Le "Royal Excel Refugees", c'est comme cela qu'a été baptisée l'équipe de réfugiés du Royal Excel Mouscron. Les joueurs sont issus du centre Fedasil Le Refuge. Vews a rencontré Ibrahim, l'attaquant de l'équipe.

L’entraînement n'a pas pas encore commencé, ils sont pourtant une dizaine à déjà taper dans le ballon sur le terrain du Futurosport, le centre d'entraînement et de formation du Royal Excel Mouscron. Parmi eux, Ibrahim est l'un des plus actifs avec le ballon : "Je viens de Guinée-Conakry, je suis un attaquant de pointe". Le jeune garçon de 18 ans vit pour le football. Après avoir fait ses armes dans une académie de football réputée en Guinée, il quitte le pays à quinze ans et débarque en Allemagne. Il intègre une équipe de U17 (moins de 17 ans) mais décide ensuite d'aller en Belgique. "Je suis resté trois ans en Allemagne puis je suis arrivé en Belgique parce que la langue allemande est un peu compliquée", raconte Ibrahim. Il introduit alors demande d'asile chez nous et débarque dans le centre d'accueil pour les demandeurs d'asile de Mouscron. 

Mordu de foot, Ibrahim passe son temps à taper la balle dans le jardin du centre : "Chaque jour, je vais jouer. Je fais du jonglage, ou alors je vais faire un petit match avec les mouscronnois". Mouâd Salhi, chargé de communication du centre Fedasil Le Refuge à Mouscron, finit par le repérer. "Je l'ai vu taper quotidiennement dans le ballon, se souvient-il. J'ai discuté un peu avec lui et il m'a dit qu'il avait un rêve ultime, celui de devenir professionnel. Et là j'ai eu un déclic : j'ai eu l'idée de créer une équipe de réfugiés". Il demande à Ibrahim de prendre le rôle de recruteur au sein du centre : "J'ai beaucoup joué avec les gens du centre, explique Ibrahim. Je connais ceux qui savent jouer et ceux qui ne savent pas jouer. J'ai organisé un petit tournoi, et j'ai recruté seize joueurs comme cela".

Il est important qu'un club professionnel assume sa responsabilité sociale

Mouâd Salhi contacte alors le club de la ville, le Royal Excel Mouscron (dont l'équipe première évolue en division 1A) pour leur soumettre l'idée. "Quand Mouâd Salhi est venu me parler de son idée d'équipe de réfugiés, j'ai trouvé que c'était une très bonne idée de se lancer ensemble dans cette aventure, se souvient Céline Mawet, responsable communication du club. Il est important qu'un club professionnel assume sa responsabilité sociale, nous avons d'ailleurs déjà des équipes sans-abris hommes et femmes". Le club met à disposition ses terrains d'entraînement, mais aussi des maillots, des ballons et des vestiaires.

Le club y voit également une opportunité pour éventuellement recruter de nouveaux talents. "Je sais que certains aimeraient devenir professionnels, sourit Céline Mawet. Mais ils vont commencer sur ce terrain-ci et puis qui sait, s'il y a une détection, ils joueront peut-être plus tard sur le grand terrain". Devenir professionnel, c'est d'ailleurs l'objectif d'Ibrahim : "Intégrer ce club, c'est l'occasion d'être repéré! Mon objectif, c’est de percer dans le football. J’ai l’espoir! Tous les jours j’ai le courage et la patience, je suis sûr que ça va marcher un jour".

Une bulle d'oxygène

Au-delà de l'aspect purement sportif, la création de cette équipe permet aussi de faire sortir ces résidents du centre d'accueil et de les intégrer au sein de la population locale. "La vie en communauté dans un centre d’accueil n’est pas toujours évidente, constate Mouâd Salhi. Donc on est là pour leur donner une bulle d’oxygène à travers le ballon rond. Au-delà d’être des demandeurs d’asile, il y a des amitiés qui se sont liées entre les résidents, mais aussi avec les mouscronnois qui parfois organisent des matches amicaux au parc communal de Mouscron". "Le foot m’a permis de rencontrer beaucoup de personnes ici à Mouscron, j’ai beaucoup de contacts, beaucoup d’amis maintenant", confirme Ibrahim. 

L'équipe de foot de réfugiés de Mouscron

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