Fontaine-l'Evêque refuse de supprimer sa justice de paix condamnée

Le cadre champêtre de la justice de paix à Fontaine-l'Evêque
Le cadre champêtre de la justice de paix à Fontaine-l'Evêque - © Google Street View

Dans le Hainaut, deux justices de paix sont vouées à disparaître courant 2020. Celle de Lens et celle de Fontaine-L'Evêque.

La justice de paix de Fontaine-l’Evêque devrait donc fermer ses portes dans trois ans. Mais, ici, une motion contre cette fermeture a été votée jeudi dernier lors d'un conseil communal.

Un courrier va donc maintenant être envoyé au ministre de la Justice et au Premier Ministre. Car cette décision de fermeture est une conséquence de la réforme des justices de paix et que cette réforme est voulue par le ministre de la Justice Koen Geens.

A Fontaine-L'Evêque en effet, le bourgmestre entend bien se battre pour  préserver la justice de paix. Il faut dire que le bâtiment vient tout juste d'être rénové pour un montant de 300 000 euros. Et Noël Van Kerckhoven, le maïeur, ne comprend pas cette décision: pourquoi supprimer une justice de proximité dans un canton qui rassemble, quand même, quatre communes ? Pour lui, "Je trouve que ça devient un petit peu n’importe quoi. On a déjà eu toutes sortes de fermetures dans notre région. Nous autres à Fontaine-l’Evêuqe, nous avions trois bureaux de poste dans les trois communes qui forment l’entité. On a fermé les bureaux de poste à Leernes et à Forchies-la-Marche. On a centralisé à Fontaine-l’Evêque. Et toute une série de choses comme ça se démantèlent dans la région à gaiche ety à droite et nous au niveau du pouvoir local, on se demande à quoi on va encore servir et que va-t-on rendre comme services encore à nos concitoyens? Je pense qu’il est un petit peu temps d’arrêter avec toutes ces économies quand on voit l’argent qu’on gaspille à certains endroits".

Le mépris complet du politique à l’égard du judiciaire, ça reste vraiment un scandale

Le bourgmestre de Fontaine-l’Evêque a le soutien de la magistrature et pas seulement du juge de paix de l’endroit. Cela bouillonne chez de nombreux magistrats. Thierry Marchandise est juge de paix-délégué à Thuin et il parle de véritable scandale: "On a l’impression que ce sont des petits politiques locaux qui ont voulu maintenir un petit canton chez eux et on n’a aucune idée des raisons pour lesquelles on a découpé de cette manière-là. Si on l’avait fait en concertation, on aurait pu travailler avec des éléments objectifs de découpage mais ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. Le mépris complet du politique à l’égard du judiciaire, ça reste vraiment un scandale".

Reste maintenant à savoir s'ils vont réussir à se faire entendre.

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