Epouvantable tableau de maltraitance animale lors d'une saisie à Strépy-Bracquegnies

Un squelette d'animal découvert dans un abri de fortune
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Un squelette d'animal découvert dans un abri de fortune - © Animaux en péril

Ce dimanche 28 février en début de soirée, les associations Animaux en Péril, la S.P.A La Louvière, Equi’chance, Tabula Rasa et Help Animals sont intervenues pour secourir une vingtaine d’animaux d’une situation dramatique à Strépy-Bracquegnies. La police a constaté la maltraitance manifeste à la suite d’une alerte lancée par une habitante du quartier. La découverte d’un véritable charnier a conduit très rapidement les autorités à ordonner la saisie des animaux encore vivants : deux chevaux, trois poneys, trois moutons, trois chèvres, deux agneaux, une poule, quatre chats et un chien.

Les équipes qui se sont rendues sur place ont été stupéfaites de découvrir une véritable scène d’horreur. Deux chevaux et trois poneys erraient dans un terrain maculé d’excréments avec pour seul abri une serre en toile trouée. Sans possibilité de s’abreuver ni de se nourrir autrement qu’avec du fourrage moisi, ces animaux dépérissaient littéralement. Quatre chats déambulaient dans cette parcelle parsemée d’immondices tandis qu’un chien était détenu dans une cage en bois.

Sur le terrain, un abri de fortune, construit avec quelques palettes clouées entre elles, retenait prisonniers des chèvres, des moutons et des agneaux.

Mais l’horreur devait atteindre son paroxysme quand les soigneurs professionnels des refuges découvrirent que ces derniers piétinaient plusieurs cadavres de leurs propres congénères. Quelques-unes de ces dépouilles semblaient récentes mais d’autres étaient dans un état de décomposition avancé ou de squelette ! Enfin, en soulevant des palettes, un membre de l’équipe trouva le cadavre d’un cochon.

Dans l’odeur pestilentielle qui émanait de l’endroit, une tête de porc coupée permettait de penser que le propriétaire procédait à des abattages illégaux au sein de sa propriété.

Les rescapés sont en mauvais état

L’état sanitaire global est alarmant pour les animaux rescapés qui ont été récupérés car ils souffrent d’une infestation importante de parasites infectant leur pelage et leur organisme.

Au terme de cette opération de sauvetage, les associations tiennent à remercier le bourgmestre de La Louvière, Jacques Gobert (PS), qui a pris la décision immédiate de faire saisir les animaux, ainsi que les services de l’Unité Verte de la Zone de Police de La Louvière pour leur efficacité et leur rapidité d’intervention.

Quant au propriétaire du terrain, il semble rester indifférent au sort des animaux. Et le vétérinaire qui s’occupait des animaux, présent sur place lors de la saisie, attribuait le décès des animaux à un simple changement d’alimentation.

En ce qui concerne la destination finale des bêtes récupérées, la décision revient au bourgmestre de La Louvière qui a deux mois pour confirmer que les animaux seront confiés aux refuges qui les ont pris en charge.

La police a dressé un procès-verbal pour infraction au Code wallon du Bien-être animal en raison d’actes de maltraitance manifestes. Le propriétaire pourra être poursuivi au pénal ou administrativement. Si le Parquet décide de prendre la main dans cette affaire, il pourra renvoyer le propriétaire devant le tribunal correctionnel. Celui-ci risque de huit jours à trois ans de prison et/ou une amende pouvant s’élever à un million d’euros. Si le parquet ne poursuit pas, la main reviendra alors au fonctionnaire sanctionnateur qui pourra infliger une amende pouvant aller jusqu’à 100.000 euros, mais également un retrait de permis de détention d’animaux.

Maltraitance animale: sujet JT 09/06/2020

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