Enseignement : "Difficile d'inscrire son enfant dans une école qu'il n'a pas visitée"

Marie Lolivier, secrétaire des élèves à Sainte-Marie
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Marie Lolivier, secrétaire des élèves à Sainte-Marie - © C Legrand

Dans une semaine, la première phase d’inscriptions dans le secondaire démarre. Le contexte est particulier : pas de journées portes ouvertes, peu de visites en présentiel. Les inscriptions doivent également s’organiser dans le respect des mesures sanitaires. Dans les écoles secondaires, les secrétariats tournent à plein régime.

Nous en avons fait l’expérience : il faut parfois une bonne dose de courage, et de temps libre, pour joindre une école secondaire à cette période de l’année. Musiques d’attente interminables, tonalité "occupé", secrétaire manifestement au bout du rouleau… C’est "tendu", par endroits !

Les appels peuvent également durer un peu plus longtemps que d’habitude. Cela s’explique, entre autres, par l’annulation des journées "portes ouvertes", en ce début 2021. "Par téléphone, des parents nous posent des questions sur le programme scolaire, sur nos spécificités. Ils nous demandent par exemple ce que nous entendons par les après-midi sportives, ou le cours de technologies", explique Françoise Colinia, préfète à l’Athénée Royal de Mons. Elle a détaché une personne à temps plein pour décrocher le téléphone et gérer les questions relatives aux inscriptions. "D’habitude, je ne le fais pas, mais cette fois c’était nécessaire. Cette personne ne fait que ça. Décrocher le téléphone, répondre aux questions, encoder. Déjà 48 rendez-vous pris, juste pour aujourd’hui !".
 

De nombreuses écoles ont publié des petites vidéos sur leur site internet, leur page Facebook. "On en a visionné plusieurs", nous confie un papa un peu déboussolé. "Mais inscrire son enfant dans une école qu’il n’a pas visitée, où il ne peut pas se rendre compte, ni de la grandeur des lieux, ni de la qualité du matériel, ni de l’aspect des classes, ni des équipements des labos de sciences, de la salle de gym… Sur écran, ce n’est pas pareil. Inscrire dans ces conditions est vraiment un cap difficile à franchir".

Voyant le nombre de demandes pour des visites "en présentiel", certaines écoles ont mis sur pied des petits circuits "sous haute sécurité". "J’avais trop de questions, surtout venant d’enfants qui ont fréquenté des petites écoles, en primaire", poursuit Françoise Colinia. "Des enfants d’Aulnois, de Jurbise par exemple, qui se retrouvent prêts à intégrer une grande école, sans y avoir mis un pied, c’est très compliqué". Plusieurs vagues de visites "par petites bulles" ont donc été organisées, et le seront encore dans les prochains jours. "Attention, ce sont des bulles de deux, un parent – un enfant, ou de trois quand il s’agit de jumeaux. Avec respect absolu des conditions sanitaires", précise la préfète.

A Saint-Ghislain, la direction du Collège Sainte-Marie a opté pour une démarche un peu similaire. "Nous permettons aux familles de prendre rendez-vous, et de venir voir l’école et le tout nouveau bâtiment, le mercredi après-midi et certains jours après que les élèves ont quitté l’établissement", explique la directrice Françoise Marcq. Marie Lolivier, au secrétariat des élèves, se charge de composer le planning. C’est elle aussi qui décroche lorsque les parents appellent. Parmi les questions qui les taraudent le plus, il y a, sans surprise, celle du "classement" et donc des chances d’intégrer l’établissement. "C’est sûr, cela tracasse des parents, qui veulent savoir combien de places il y a, si l’élève a ses chances…". Le Collège a déjà affiché "complet", par le passé. "Nous n’avons malheureusement aucune prise là-dessus !", insiste la directrice, "c’est le Ciri qui établit ce classement, selon ses critères et ses calculs". L’époque du "premier arrivé, premier servi" est bel et bien terminée. Et ça aussi il faut le répéter à longueur de journée.

Journal télévisé 21/01/2021

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