Durobor à Soignies : sans garantie d'une reprise, la Sogepa arrête l'alimentation du four

Verre en fusion à la sortie du four chez Durobor à Soignies
Verre en fusion à la sortie du four chez Durobor à Soignies - © rtbf.be - Maxime Paquay

Face à l’absence de perspectives concrètes de reprise à court terme, la Sogepa, le bras financier de la Région wallonne, a décidé d’arrêter l’alimentation du four de la gobeleterie Durobor à Soignies.

Durobor Glassware a fait faillite début mai dernier. Malgré des discussions avec des candidats intéressés par une reprise éventuelle de l’activité de la gobeleterie sonégienne, la Sogepa a annoncé mardi qu’elle stoppait l’alimentation du four de l’usine. Elle justifie sa décision par l’absence de garantie à ce jour d’une reprise à court terme.

Afin de faciliter la recherche d’un candidat repreneur, la Sogepa, actionnaire de Durobor à 48%, avait décidé de maintenir provisoirement le four en état de fonctionnement. Comme annoncé depuis le départ, cette situation ne pouvait qu’être temporaire compte tenu des coûts liés au maintien de l’outil en état de fonctionnement.

L’arrêt du four se fera toutefois, dans la mesure du possible, dans le cadre d’une procédure qui n’hypothèque pas son redémarrage éventuel dans le futur, assure encore la Sogepa.

Pour la FGTB, ce n’est pas une très bonne nouvelle

Selon la FGTB, l’annonce faite, ce mardi, de l’arrêt de l’alimentation du four de la gobeleterie Durobor à Soignies par la Sogepa n’est pas une bonne nouvelle pour le dernier fleuron industriel de la région du Centre. Du côté du syndicat, on attend toujours la venue du candidat repreneur du Golfe Persique, évoquée début juin.

"Nous sommes sceptiques quant à ce candidat, qui a annoncé sa visite à Soignies déjà au début juin mais que nous n’avons jamais vu", a réagi Stefano Fragapane, de la FGTB. "L’annonce de la Sogepa est inquiétante car nous espérions une reprise de la gobeleterie." Selon le syndicaliste socialiste, la note pour l’alimentation du four depuis la faillite est, pour l’heure, de quelque 800.000 euros. "Il y avait, selon nos informations, un engagement de la part du candidat repreneur à prendre en charge 50% de la note de maintien en activité du four de Durobor. Qu’en est-il ? La Sogepa a-t-elle eu suffisamment de garanties ? ", s’interroge-t-il.

La FGTB veut continuer à croire à une possible reprise de l’activité, malgré un contexte devenu très pessimiste. "Nous continuerons à attendre car il y va de la survie d’un dernier fleuron industriel dans le Centre et de quelque 140 emplois", a poursuivi son représentant. "Il faut à présent voir si le personnel du four, qui le maintient en activité depuis la faillite, sera d’accord de continuer à travailler pendant quelques semaines pour éteindre ce four dans de bonnes conditions, ce qui permettrait une reprise éventuelle dans le futur", laisse entendre Stefano Fragapane. Une telle manœuvre coûterait tout de même 240.000 euros, selon ses estimations. "Il est cependant possible d’éteindre le four pour la moitié de cette somme, assure le syndicaliste, mais alors sans respecter certaines procédures d’extinction dans de bonnes conditions. Cela rendrait toutefois impossible tout redémarrage et signifierait la fin définitive de Durobor", prévient-il.
 

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