Deux ans avec sursis pour un père biologique qui avait enlevé son bébé à Montigny-le-Tilleul

Mesut Y avait été repéré en France dans une fourgonnette blanche
Mesut Y avait été repéré en France dans une fourgonnette blanche - © Police Fédérale

Le tribunal correctionnel de Charleroi a rendu son jugement, jeudi, dans un dossier de rapt parental. En mars dernier, le prévenu avait enlevé son bébé de trois mois qu'il n'avait pas encore reconnu officiellement. Vu les menaces de mort proférées par l'intéressé, les forces de l'ordre avaient lancé des recherches pour retrouver l'enfant à Paris. Le prévenu a écopé de deux ans de prison avec sursis probatoire pour ce qui excède dix mois.

Le 26 mars dernier, une habitante de Montigny-le-Tilleul avait signalé la disparition de son bébé aux forces de l'ordre. Celui-ci avait été confié à la garde de Mesut Y., son père, dont elle était séparée depuis quinze jours. L'affaire avait rapidement été qualifiée de rapt parental. Cette disparition était d'autant plus inquiétante que le père avait déclaré au téléphone qu'il "allait tuer le bébé et se suicider ensuite". Mesut Y. s'était finalement rendu, la nuit suivante. L'enfant n'était pas avec lui mais se trouvait, sain et sauf, chez sa tante à Paris.

Placé sous mandat d'arrêt, le père a comparu devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour enlèvement de mineur. "Je dormais à l'hôtel depuis trois jours mais je pouvais voir l'enfant. Rien n'avait été convenu quant aux horaires. J'ai donc décidé de l'emmener deux jours chez ma tante à Paris. Je me suis d'abord rendu à Lille dans la famille, puis je l'ai déposé à Paris. Comme il était fatigué, je suis rentré seul en Belgique pour revenir avec ma femme."

Selon le parquet et Me Donatangelo, conseil de la partie civile, le prévenu n'a pas accepté la rupture avec la mère de l'enfant. "Les contacts téléphoniques ne révèlent que des menaces de mort", explique la substitute Botton. "La mère avait accepté de lui laisser voir l'enfant durant deux heures mais ne l'a pas vu revenir. Des contacts ont été pris avec lui pour régler l'affaire à l'amiable mais il n'a cessé de se servir de l'enfant afin d'exiger que son ex-compagne reprenne la vie commune. Il a poussé le vice jusqu'à faire croire que le nourrisson avait 40 de fièvre pour exercer un nouveau chantage. Vu son casier judiciaire, le risque de passage à l'acte était important. Et sans la réaction policière, l'enfant serait sans doute en Turquie aujourd'hui."

Selon le parquet, ce n'est qu'après la saisie du GSM du père que l'enfant a pu être localisé à Paris. Vu l'absence de prise de conscience de l'intéressé, la magistrate a requis une peine très sévère.

Le tribunal a retenu "l'excuse atténuante" dans le chef du prévenu qui avait fini par collaborer à la restitution de l'enfant. Le juge note toutefois l'absence d'amendement de Mesut Y., qui persiste dans ses dénégations.