Une intervention médicale non urgente retardée, pour cause de facture non payée

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Illustration - © rtbf.be - Luciano Arcangeli

"Vous n'avez pas payé votre facture: vous ne serez donc pas opéré." Tel est le texte du courrier reçu par un patient de l'hôpital Notre-Dame de Charleroi.

La direction du Grand Hôpital de Charleroi, le GHDC, dont fait partie l'établissement, assume complètement cette décision et tient à la relativiser. Pour elle, dans le cas précis récemment soulevé, il s'agissait d'enlever des broches, une opération qui peut être reportée le temps que le patient règle ses dettes.

Le patient dont il est question devait plus de 900 euros à l'hôpital, une dette qui courait depuis plusieurs mois. Lorsqu'il a pris rendez-vous pour se faire enlever des broches, Manfredi Ventura, le directeur médical du GHDC a décidé, en accord avec le staff médical, de reporter l'intervention. Pour lui, "quand un patient a des impayés, les interventions non urgentes qui ne sont pas absolument indispensables sont postposées jusqu’à ce qu’un apurement financier ou un accord puisse être trouvé avec le patient. Dans près de 95% des cas, des personnes qui ne paient pas et à qui on dit qu’on va postposer l’intervention finissent par régler le problème financier. Cela permet parfois aussi d’ouvrir les yeux sur des situations difficiles et de faire intervenir le service social."

Manfredi Ventura est en tout cas très clair: la santé et l'intérêt du patient sont toujours privilégiés. Il ajoute donc que “pour toute admission au sein des urgences, ce protocole n’existe pas. C’est uniquement pour des interventions programmées. Et il y a toute une série de filtres. C’est à partir d’un certain montant et c’est d’abord le prestataire de soins qui est interpellé. Et, au cas où il y a un conflit, c’est toujours une décision médicale et c’est toujours un médecin qui tranche au final. Ce n’est jamais un administratif."

Et notre interlocuteur de préciser encore que tous les hôpitaux de Belgique fonctionnent de la même manière.

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