Détournement de fonds à Gerpinnes: l'ex-directrice financière condamnée à trois ans avec sursis

La maison communale de Gerpinnes
La maison communale de Gerpinnes - © Google Street View

L'ex-directrice financière de Gerpinnes, Brigitte K., a été condamnée ce mardi par le tribunal correctionnel de Charleroi, au civil, à trois ans de prison avec sursis ainsi qu'une amende de 5.500 euros également avec sursis. Dans le côté pénal de l'affaire, l'intéressée est condamnée à rembourser les 615.000 euros. Ce jugement est motivé par l'importance de la somme détournée et le discrédit subi par la commune de Gerpinnes. Elle était poursuivie pour le détournement de 614.625 euros en douze ans au préjudice de la commune de Gerpinnes.

Il était apparu que la directrice financière détournait l'argent qui transitait en liquide par la commune (cautions, perception de taxes) et qui était collecté dans des enveloppes simplement déposées dans un coffre. Elle n'inscrivait pas ces opérations dans les registres informatiques et supprimait les "rappels" qui devaient être envoyés aux citoyens. En mars 2016, un habitant de Gerpinnes s'était présenté à l'administration communale pour y récupérer une caution de 50 euros. On avait alors constaté qu'elle n'avait pas été enregistrée, ce qui avait donné lieu à des investigations comptables. La directrice financière de la commune, Brigitte K., était alors en congés prolongés. Une enquête interne avaient permis de constater un important trou dans les finances communales, aujourd'hui estimé à 614.625 euros par l'administration communale.

Dépenses courantes et achat de biens immobiliers

Entendue par le tribunal, Brigitte K. avait reconnu partiellement les faits. "On ne me voulait pas à ce poste. Je le ressentais et je n'en pouvais plus. J'aurais dû tomber en burn-out car je ne suis pas une voleuse dans l'âme." Aux enquêteurs, la prévenue avait expliqué avoir agi par vengeance, allant jusqu'à brûler les billets ou les jeter dans les égouts. Toutefois, selon le parquet, l'argent avait été utilisé pour les dépenses courantes, mais également pour l'achat de biens immobiliers. "Elle l'a aussi distribué à des proches, notamment aux petits-amis de ses filles qui achetaient en quelque sorte leur relation", expliquait le substitut Marlière, qui rappelait les procédés de dissimulation mis en place par l'ex-receveuse communale. En 2008 notamment, elle avait refusé d'instaurer un système de contrôle interne pourtant demandé par l'échevin des Finances.

Au terme de son réquisitoire, le parquet avait alors demandé deux ans de prison, avec un sursis éventuel.

Me Ureel, conseil de la prévenue, avait plaidé l'irrecevabilité des poursuites sur base du non bis in idem, Brigitte K. ayant déjà été sanctionnée par son licenciement. Un argument contesté par la partie civile et le parquet, d'autant qu'aucune décision n'a jamais été prise en ce sens dans ce type de dossier. L'avocat avait également contesté le montant, évalué par la seule partie préjudiciée, le ramenant à environ 220.000 euros. Sur le fond, l'avocat avait rappelé la fragilité psychologique de sa cliente dont certains avaient profité. Elle n'avait pas augmenté son train de vie, mais bien celui de ses proches. Au terme de sa plaidoirie, Me Ureel avait sollicité le sursis, sa cliente ne devant plus jamais reprendre un emploi de fonctionnaire.

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