Des vêtements made in La Louvière : le défi du projet Opte

Antoine Giansante et Alizée Hilt
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Antoine Giansante et Alizée Hilt - © Tous droits réservés

Ras-le-bol de la fast fashion. Voilà comment on pourrait résumer ce qui fait courir Antoine Giansante et Alizée Hilt. Il est originaire de la région du Centre et travaille depuis dix ans dans la communication. Elle est styliste et vit actuellement dans les Ardennes. Ensemble, ils ont décidé de faire quelque chose de concret pour proposer des vêtements produits dans des conditions sociales décentes et dans le respect de l’environnement. Des vêtements faits pour durer.

Alizée Hilt a travaillé pendant sept ans pour une marque de vêtements fabriqués à l’autre bout du monde, elle a pris conscience des conditions de vie des ouvrières du textile et du gaspillage énorme de ce secteur. "Je ne veux plus de ça, affirme-t-elle. Je crois qu’en tant que citoyens, nous pouvons faire bouger les choses".

D’où l’idée de relocaliser la confection de vêtements réalisés en série. Depuis deux mois, les jeunes entrepreneurs ont fait mûrir le projet avec le soutien et les conseils d’une communauté de citoyens qui les suivent via les réseaux sociaux. Ces supporters ont d’ailleurs voté pour le nom de la marque, ce sera Opte.

 

Le Hainaut et son savoir-faire en couture

Le duo a identifié en Hainaut trois ateliers de confection aujourd’hui actifs. Ces entreprises réalisent soit des masques, soit des costumes de spectacle ou de carnaval. Leur savoir-faire pourrait cependant être adapté au prêt-à-porter. Reste le coût de la main-d’œuvre. "Il est 50 fois plus élevé qu’au Bengladesh" explique Antoine Giansante. Mais cela ne décourage pas notre duo. Première astuce pour proposer des prix de ventes abordables, les modèles devront être rapides à monter. "Par exemple, nous ne ferons pas des vestes avec des revers, nos modèles seront simples mais malgré tout très créatifs" promet Marina.

Les tissus, eux ne seront pas des produits locaux. La filière textile belge ne permet pas au stade actuel de disposer de tissus fabriqués localement. Des projets sont en développement, notamment avec le lin, le chanvre et la laine mais en attendant, les porteurs du projet Opte se tourneront vers une autre solution : le surcyclage. Il s’agit de valoriser des produits inutilisés par une industrie. "Il faut savoir que les grandes marques européennes de luxe, quand elles créent des vêtements, se retrouvent toujours avec des restes de tissus, des centaines de mètres qui sont détruits. Nous avons trouvé une société qui récupère ces tissus et les revend à des projets comme le nôtre", explique Antoine.

Les modèles sont dessinés. Antoine et Alizée visent le printemps 2021 pour la présentation de leur première collection.

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