Des papas séparés ont lancé un SOS dans les rues de Charleroi

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Illustration - © Belga-AFP Mehdi Fedouach

Des papas déambulaient dans les rues du centre-ville de Charleroi ce mercredi après-midi. Ils font partie de l'association SOS PAPA Belgique.
Ils ont distribué des bonbons et des ballons pour rappeler qu'en cas de divorce, l'enfant est trop souvent séparé de son père au profit de sa mère.
Et cela alors qu'une loi existe depuis douze ans. Une loi qui réglemente "l'hébergement égalitaire", c'est-à-dire la garde alternée.

Vincenzo Semeraro, membre de l'association, donne quelques chiffres : " Les informations que nous avons concernant l’application de cette loi, c’est qu’il y a vraiment une disparité si c’est le papa qui le demande ou si c’est la maman qui le demande. A Bruxelles, le papa a, avec une requête de l’application de la loi, 50% de chance de l’obtenir tandis qu’une maman qui fait la même requête a presque 100% de chance de l’obtenir. Donc il y a vraiment une disparité dans l’application de cette loi et nous pensons qu’au niveau belge, un papa n’a que 30% de chances de l’obtenir et, pour une maman les mêmes chiffres de presque 100% sont atteints. Il serait peut-être temps de dire au monde judiciaire que les parents doivent garder des relations interpersonnelles avec leurs enfants et que les enfants ont besoin de cet équilibre parental. "

Avec le temps, le lien avec l'enfant peut dès lors se distendre. Pour Vincenzo Semeraro, c'est au niveau de la justice que cela coince : "On ne se l’explique pas. On dresse un constat. Donc on constate que cette loi n’est pas appliquée. On constate les plaintes des parents. Les pères, quand ils viennent nous voir, nous disent qu’ils étaient le seul homme de l’assemblée. Et quand on gratte un peu, on s’aperçoit que la majorité des juges du tribunal de la famille sont à 80% des dames. Et dans le milieu du soutien et la protection de l’enfance, il y a 90% de dames. Nous on fait un constat à ce sujet-là. On ne veut pas dire que ces dames-là protègent des dames. Mais il faut nous expliquer alors pourquoi nous, en tant que parents, nous n’avons plus la possibilité d’avoir des relations interpersonnelles avec nos enfants d’une manière régulière. Voir son enfant un weekend sur deux, quatre jours par mois, on ne peut pas appeler ça avoir des relations interpersonnelles et continuer à suivre vraiment la vie de nos enfants."

En attendant une meilleure prise en considération de leurs sentiments, les pères continueront à arpenter les rues des villes de chez nous.

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