Des nez pour anéantir les odeurs de frites Clarebout Potatoes à Warneton

L'entreprise de transformation de pommes de terre engendre des nuisances, olfactives notamment. Les riverains sont excédés. Ils sont devenus volontaires dans le cadre d'une étude.

L'entreprise Clarebout Potatoes à Warneton fait beaucoup parler d'elle. Installée sur le site de Warneton Industrie en 2007, cette société de transformation de pommes de terre souhaite construire un second frigo. Ce qui n'est pas du goût de nombreux riverains.

Les pommes (de terre) de la discorde

Car aujourd'hui déjà, l'usine engendre des nuisances sonores, olfactives et en termes de charroi. Ces nuisances se sont aggravées depuis que la production a encore été augmentée. Des lignes de production supplémentaires y ont été installées après l'incendie de l'autre site de Clarebout Potatoes, à Nieuwkerke.

Concernant le charroi, la future limitation de la vitesse à 90km/h sur la RN58, si la Région wallonne l'approuve, pourrait permettre d'éviter le passage de trop nombreux poids lourds dans le centre de Warneton et des villages voisins.

"Prêtez-moi votre nez"

En ce qui concerne les odeurs, le Département de la Police et des Contrôles de la Région wallonne prend l'affaire très au sérieux. Elle a commandé une étude auprès de la société Odométric. Cette société a alors fait appel à des citoyens de Warneton et des environs pour leur prêter leur nez.

Une trentaine de citoyens se sont porté volontaire. Dany Dury en fait partie. “Mon épouse et moi-même sommes Warnetonnois d’origine et nous habitons à 500 mètres de l’entreprise. C’est vrai que depuis que Clarebout Potatoes s’est implantée, nous avons pas mal de nuisances. Cela s’est aggravé ces derniers temps et quand les vents sont dans la mauvaise direction, ce qui est souvent le cas pour nous, on peut se lever le matin avec une odeur de frite.”

Le travail de Dany et des autres volontaires de Warneton et des environs: relever les odeurs émises par l’entreprise Clarebout Potatoes à raison de deux fois par jour durant quatre jours de la semaine et inscrire ces données sur un site Internet. “Nous n’avons pas envie de partir car nous sommes Warnetonnois, mais nous espérons que cette étude mettra la pression sur l’entreprise pour qu’elle respecte un peu plus son environnement. Si nous pouvons améliorer notre quotidien, alors pourquoi ne pas participer à cette étude?”, espère Dany.

Le ton monte à la commune

Du côté de la commune, on ne rigole plus. “Des rapports intermédiaires ont été rendus par la société Odométric, pas le rapport final”, explique la bourgmestre ff Marie-Ève Desbuquoit (Action-cdH). “Je ne peux pas tolérer que cela continue comme cela. J’ai demandé à Jan Clarebout un planning de ses mesures à mettre en place pour que cessent les nuisances. Je veux du concret. Je veux des résultats. Tant qu’il n’y en a pas, il n’y a pas de confiance. Et tant que les exigences mises en place pour les précédents permis ne sont pas rencontrées, ce n’est pas la peine de déposer une demande de permis pour un second frigo !”

La commune n’a toutefois qu’un avis pour ce type de demande. Marie-Ève Desbuquoit pense bien avoir le soutien de la Région wallonne, vu l’étude actuellement menée.

À noter que la police de Comines-Warneton suit également le dossier de près. “Nous avons réalisé des contrôles durant 15 jours car les camions ne sont pas censés entrer dans l’entreprise ni en sortir entre 22 h et 6 h. Deux procès-verbaux pour infraction aux dispositions du permis ont ainsi été dressés”, explique le chef de corps, Sébastien Dauchy.

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