Des haricots à huit euros le kilo? Merci la météo!

Il n'y en a presque pas dans les jardins!
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Il n'y en a presque pas dans les jardins! - © FlickR CC/MEZINE-HAKIM

Les températures font du yoyo. Si vous en avez marre, dites vous que les maraîchers aussi! Pour eux, l'été 2016 est un été à oublier. Pareil pour les petits producteurs, qui font une croix sur une partie de leurs récoltes. Quant aux grossistes, ils doivent la jouer fine pour fournir leurs clients. Reportage en région montoise.

Dans la famille Op De Beeck, on vend des fruits et légumes depuis quatre générations. L'été 2016 est loin d'être un grand cru. L'approvisionnement est difficile, sur le marché belge. La saison a démarré très tard, et il ne sera pas possible de tout rattraper, explique Benoît Op De Beeck, gérant de Fruit'Op. "C’est un peu comme le vin. Quand on a connu un mauvais départ, on ne sait pas tout rattraper. Mais on fait appel à l’importation, dans le reste de l’Europe. Le consommateur ne va pas le sentir, nécessairement".

Sur l'étal de Giovanni Dell'Aiera, aucun légume ne manque à l'appel. "Tous les légumes d’été sont là, mais en petite quantité". L'offre est faible, cet été, "donc les prix augmentent un peu". Un peu, voire beaucoup. Les amateurs d'haricots le savent bien. "On a dû vendre des haricots jusqu’à 8-10 euros le kilo. Des haricots cueillis à la main, attention !A la machine c'est moins cher. C'est à cause des pluies en juin et en juillet qu'il y en a moins". Comment réagissent les clients? "Ils nous disent que c’est cher mais ils comprennent. Ils voient bien que dans les jardins, il n'y en a pas!". Le prix des pommes de terre est en hausse, tout comme celui des tomates. Selon les régions, les ventes varient très fort. Lorsqu'il s'arrête dans des régions plus défavorisées, comme ici à Cuesmes, le chiffre d'affaire diminue en flèche. "Des gens qui m'achetaient un kilo d'haricots vont en acheter 500 grammes".

A quelques dizaines de mètres, Marcel plie bagage. Sa spécialité? Les légumes "naturels". Ne dites pas "bio", ça l'énerve! "C'est un mot que je ne peux pas entendre. Parce que l'air, il n'est pas pollué?" Bref, Marcel cultive à Chièvres des légumes sans engrais ni pesticide. Résultat, avec la météo de ces derniers mois...c'est la cata! "50% en moins. Il manque des haricots. Haricots jaunes on n'en a presque pas. Des tomates. Beaucoup de salades ont pourri. Il manquait de l’eau et maintenant on en a trop ! Les légumes vont être chers cette année à cause de ça". Marcel a déjà revu ses tarifs, un peu à la hausse. "Si on a eu des pertes, il faut bien compenser. Mais mes clients continuent de dire que je vends bon marché, je suis content". Pour ce petit producteur, pas d'alternative. "Je vends ce que je cultive. Je ne peux pas m'approvisionner ailleurs, comme les maraîchers qui ont tout, mais parce qu'ils se fournissent dans des grosses cultures, où l'on pratique de l'hydro-culture...C'est différent!"

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