Des bûches et des brushings: ils s'activent pour que vos fêtes soient belles

Coup d'œil dans la chambre froide
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Coup d'œil dans la chambre froide - © C. Legrand

Les lutins de Père Noël ne sont pas les seuls à suer sang et eau, en cette période de l’année. Bien d’autres professionnels n’attendent qu’une chose : le moment d’enfiler des pantoufles bien confortables, et de se glisser sous un plaid avec un plateau-télé. Nous sommes allés passer un peu de temps dans un atelier de boulangerie et un salon de coiffure. C’est sûr : Fred, Laurine, Emilie et les autres auront fermé les yeux bien avant les douze coups de minuit.

Une cliente au bac à shampoing, deux autres prêtes pour la coupe… Un brushing en cours… Dans son salon de coiffure, Laurine Olivier n’a pas une seconde à elle.
"Elle n’arrête pas, mais c’est son habitude. C’est une boule de nerfs", souffle Isabelle, une habituée. Isabelle avait pris rendez-vous bien à l’avance, pour être certaine d’avoir une coupe parfaite pour les fêtes, "c’est très important ! C’est quand même la première chose que les gens voient !".

Mais la plupart des clientes ne sont pas aussi prévoyantes. "Les rendez-vous, fin d’année, j’ai beau insister… C’est la cata", reconnaît Laurine, "beaucoup de gens s’y prennent à la dernière minute !" On la supplie, on argumente…"Des clientes me disent qu’elles n’ont besoin que d’une toute petite coupe, un tout petit service… Mais une coupe, c’est une coupe, et je dois y consacrer du temps !" Sa réputation est en jeu, "et j’ai horreur de faire attendre des clientes pendant des heures". Alors, quand c’est stop, c’est stop. "Heureusement, j’ai une stagiaire en renfort… Mais c’est clair, je n’ai pas le temps de m’arrêter pour manger. Je ne sais même plus ce que ça veut dire !", concède en riant la jeune femme.

La plupart des clientes lui réclament des colorations. Les brushings sont en perte de vitesse, la faute à la mode "wavy" actuelle. "C’est très facile à faire chez soi, l’effet retour de plage, des boucles très détendues". En diminution aussi, les demandes de chignon. "Cela se perd, de même que les coiffures très sophistiquées, avec trois tonnes de laque, et 50 pinces". Aura-t-elle un peu de temps pour s’occuper d’elle d’ici au réveillon ? "Absolument pas. Je ferai ça en janvier, quand tout sera terminé !" Et le réveillon, elle le passera en famille, au calme, sans doute dans le divan. "Repos !"

 

Cap sur l’atelier de boulangerie de Dimitri Heymans, à Ghlin. Pour le patron, "ça pourrait aller mieux, ce matin. Un four a brûlé". Un réparateur s’affaire dans la salle des fours. "On a quand même pu sortir toutes les cougnoles ce matin, ouf !" 2000 cougnoles, comme les jours précédents. Raisin, nature, chocolat… De 250 gr à 1 kg 500, tout est en cours d’emballage.

Anne-Laure, l’épouse de Dimitri a réquisitionné les enfants pour cette opération très chronophage. Cela fait plusieurs semaines qu’Emilie, l’aînée, jongle entre ses études d’infirmière et le travail à l’entreprise familiale. Guillaume, lui, se destine au même métier que ses parents. "C’est le rush, en ce moment, c’est sûr que le soir… On dort bien ! Mais on fait aussi ce qu’on aime !" Il récupère les heures de sommeil en souffrance lors des livraisons à domicile. "Vu que je ne conduis pas, entre deux livraisons, hop ! Une petite sieste".

Réquisitionnée aussi, Carine, la femme de ménage. "J’emballe les cougnoles, je cuis les galettes aussi. Personnellement, je ne fais jamais rien de spécial, à Noël. Mais j’aime beaucoup les préparatifs, à l’atelier. Il y a une bonne ambiance". Fred et Maxime, les deux pâtissiers, s’activent pour finaliser les commandes, et décorer les dernières bûches. Audrey, engagée en renfort, donne un coup de main.

Un petit Jésus par-ci, une étoile en pâte à sucre par là…"Je pense que cette année, on saura se reposer un peu, avant le réveillon", nous confie Fred. Cela fait plus de 30 ans qu’il est dans le métier. Il en a connu, des veilles de Noël chaotiques. "Parfois on termine les commandes au soir. Alors, c’est compliqué de profiter du réveillon !". D’ailleurs, il n’en fait pas mystère, chaque fois, c’est pareil, il s’endort à table.

Après avoir vu défiler tous ces litres de crème au beurre, tartiné des seaux de crème fraîche, pétri des kilos de pâte à brioche, ont-ils encore envie de manger une part de bûche ou de cougnole ? Les réponses sont partagées. "Moi, toujours !", nous dit Anne-Laure. "Moi, bof… je suis un peu écœuré, à force d’avoir été si longtemps dans les odeurs. J’ai plutôt envie de salé", avoue Fred. Ça tombe bien, c’est l’heure de l’apéro. L’équipe se partage une pizza, avant d’entamer la dernière ligne droite. "Et ce soir, dodo à 21h", prédit Maxime. "Pas le choix, le 26 décembre, déjà, on recommence ! Bientôt la galette des rois…"

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