Démissions en cascade chez les conducteurs de trains carolos

Démissions en cascade chez les conducteurs de trains carolos
Démissions en cascade chez les conducteurs de trains carolos - © Tous droits réservés

La cellule des conducteurs de Charleroi compte en principe 150 personnes, c'est l'une des plus importantes de Wallonie. Mais depuis quelques temps, ce nombre diminue, des conducteurs ont en effet donné leur démission pour aller travailler dans le privé. Rien que ces 10 derniers jours, 5 conducteurs ont quitté l'entreprise publique. "Il y a un vrai malaise dans la profession, on a eu une vague de démission en avril et on a encore 6 demandes de démission qui sont en cours. Je suis à la SNCB depuis 2001 et je n'ai jamais autant de départs en si peu de temps", nous confie Arnaud Decoux, un conducteur de train carolo devenu secrétaire permanent CGSP.

Mais qu'est-ce qui pousse ces conducteurs à quitter le navire SNCB ? En fait, le transport de marchandises est libéralisé depuis 2005 et les entreprises privées n'hésitent plus à aller débaucher des jeunes conducteurs formés par la SNCB en leur proposant des salaires plus importants. Jusqu'à 1500 euros nets par mois de différence selon ce que nous ont confié d'anciens cheminots. La sécurité d'emploi et les conditions de pensions retenaient la plupart d'entre eux à la SNCB mais ce ne serait plus le cas aujourd'hui. "L'allongement des carrières et la remise en question de certains acquis sociaux ont fait perdre son attractivité à la SCNB", affirme Arnaud Decoux. "Autrefois on choisissait une carrière sur le rail parce qu'on savait que cela donnait certains avantages, mais aujourd'hui, à pension équivalente les jeunes conducteurs choisissent une rémunération plus importante et démissionnent", complète ce représentant syndical.

Les jeunes conducteurs sont pourtant formés par la SNCB, ils doivent suivre un long écolage de 200 jours avant d'être véritablement cheminot. Alors pour éviter de les voir partir trop vite, la SNCB leur impose de travailler au moins un an pour la compagnie après la fin de leur formation et surtout de payer une indemnité financière s'ils démissionent avant 10 ans de service. "Nous avons bien à l'esprit ce phénomène mais il faut savoir que la SNCB ne reste pas les bras ballants", prévient Thierry Ney, le porte-parole de la SNCB. "Travailler à la SNCB comporte toujours des avantages, vous avez des possibilités d'évoluer au sein de l'entreprise et vous bénéficiez toujours d'un emploi statutaire", poursuit-il.

Les conducteurs carolos ont pu faire part de leurs inquiétudes à la directrice de la SNCB, Sophie Dutordoir, en personne ce mercredi matin. Celle-ci fait en effet le tour de tous les centres régionaux de la SNCB pour rencontrer les nombreux membres du personnel. Mais à propos des départs, la direction rappelle que ce phénomène n'est pas nouveau et que le nombre de démissions sur l'ensemble des conducteurs est en diminution par rapport à l'année 2016.

Difficile cependant pour la SNCB de s'aligner sur les avantages offerts dans le privé, où une rémunération plus attrayante va généralement de pair avec une voiture de fonction. Les effectifs restent suffisants, mais les syndicats tirent la sonnette d'alarme : le transport de personnes sera lui aussi libéralisé en 2023, la concurrence sera alors encore plus rude vis à vis de la SNCB pour garder ses conducteurs.

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