Procès de la SONACA pour homicide involontaire après la mort d'un ouvrier en 2014

L'ouvrier décédé travaillait depuis un an pour la Sonaca.
L'ouvrier décédé travaillait depuis un an pour la Sonaca. - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Andrea Pitzalis est décédé fin juillet 2014 sur son lieu de travail, écrasé par une énorme presse de 7 tonnes qu'il manipulait seul. Cette presse, qu'il guidait avec une télécommande, s'est brusquement rabattue sur lui, écrasant sa tête et le tuant sur le coup. A l'époque, ce décès avait suscité une vive émotion dans toute l'entreprise.

Les manquements aux règles de sécurité au sein de la Sonaca ont-ils causé cet accident de travail mortel? Dans ce procès qui se tenait ce lundi au tribunal correctionnel de Charleroi, l’entreprise aéronautique a dû répondre d'homicide involontaire par défaut de prévoyance et de précaution.

Plusieurs manquements à la sécurité

C'est sur base du rapport contrôle du bien-être au travail que l'auditorat du travail a décidé de poursuivre la Sonaca. Dans ce rapport, pas moins de 14 infractions avaient été relevées. Ce lundi, lors de sa plaidoirie, l’auditeur du travail a insisté sur :

  • La présence massive d’huile dans l’atelier de Gosselies – et le risque de glissade inhérent à cette huile.

  • L’absence de formation pour les ouvriers et de conscientisation aux risques

  • L’absence sur la télécommande utilisée par Andréa Pitzalis, de pictogrammes lisibles – malgré de nombreux rappels et avertissements.

  • L’absence de casques ou, à tout le moins, de casquettes de protection.

Face à des manquements – pour certains d’entre eux - clairement avérés, l’entreprise a tenté de sauver les meubles, de limiter la sanction qui lui serait éventuellement infligée.

La Sonaca plaide la suspension du prononcé

L’avocat de l’entreprise qui fabrique des ailes et des bords d’attaques pour avions, a reconnu, au nom de la Sonaca : "des défaillances involontaires qui ont mené à la mort d’Andrea Pitzalis". Il a toutefois plaidé la suspension du prononcé de la condamnation, arguant qu’une "condamnation au pénal constitue une atteinte à la réputation de l’entreprise". La défense a aussi pointé l’absence d’antécédents dans le chef de la Sonaca. Et les mesures qui ont été prises depuis 2014. "La Sonaca ne veut pas se cacher derrière les mesures qu’elle a prises, mais ne veut pas non plus laisser croire qu’à l’époque rien n’était fait pour la sécurité ".

La famille de la victime (Andrea a laissé derrière lui une femme et deux enfants) qui s'était constituée partie civile, s'est retirée, indemnisée par la Sonaca. Seul proche présent au procès ce lundi, le père d'Andréa : "Je savais plus ou moins comment ça s’était passé. Mais qu’il avait reçu la pièce de la presse à l’arrière du crâne, ça je ne le savais pas. Qu’il avait été pratiquement écrasé sur la machine. Et l’état défectueux de la télécommande me met hors de moi. A partir du moment où Vinçotte dit à la Sonaca qu’ils ne peuvent plus travailler avec la télécommande, ils auraient dû la remplacer".

Jugement le 25 avril.