De nombreux conifères doivent être abattus, victimes des scolytes

Vous avez des conifères dans votre jardin, des épicéas, des thuyas… Ils ont changé de couleur ? Ils perdent leurs aiguilles ? Ils sont sans doute victimes de coléoptères très actifs, les scolytes. Ce sont les plus grands ravageurs forestiers de toute l’Europe. Les dégâts les plus importants se constatent dans les Ardennes. Ailleurs aussi, les élagueurs doivent intervenir pour abattre les arbres touchés par les parasites.

Nous sommes à Hautrage, en région montoise. Antoine Daubry termine un chantier d’abattage. Cet arboriste-grimpeur est très sollicité ces dernières semaines, pour des cas d’arbres "scolytés". "Depuis un bon mois, on a dû abattre une cinquantaine d’épicéas ou de thuyas." Les signes sont très clairs. "Des petits trous, avec de la sciure autour, signe que les coléoptères ont creusé des galeries à l’intérieur du tronc. Ils empêchent la sève de remonter." C’est ce qui provoque la mort des sapins. "Il existe bien des traitements, des pièges à phéromones, mais ils sont assez peu efficaces. Et cela va très très vite, en l’espace de deux semaines l’arbre peut être atteint de façon irrécupérable." Pourquoi ces insectes se "jettent-ils" sur les épicéas ? "C’est à cause de la sécheresse", explique Antoine Daubry, "les arbres en stress hydrique produisent des hormones qui attirent les scolytes".

 

 

A la Région Wallonne, une véritable "task force" se penche sur le problème des scolytes. Un site web (www.scolytes.be) a été mis sur pied, et reprend par exemple des cartographies des zones concernées par les scolytes, et des informations à l’attention de tous, professionnels ou particuliers.

L’invasion de ces vilaines petites bêtes n’est pas toute récente : les premières "victimes" ont été détectées l’été dernier. "Nous n’avons pas de chiffres précis quant à la propagation des scolytes, explique Vincent Colson. Les premiers dégâts sont évalués à 150 – 160.000 mètres cubes. Mais nous savons que le problème est sous-évalué. On s’attend à avoir cette année beaucoup plus de dégâts que l’an dernier !" Concernant la localisation des "attaques", "beaucoup d’épicéas se trouvant en Ardenne, évidemment le nombre d’arbres touchés, les volumes concernés, y sont plus importants. Mais les scolytes attaquent de façon prioritaire en dessous de 300 mètres d’altitude, et ont une préférence pour les sols sableux".

Les exploitants forestiers sont bien informés du problème, et doivent d’ailleurs appeler la Région Wallonne s’ils détectent des arbres scolytes sur leurs parcelles. "L’attaque est presque toujours fatale, pour les arbres. Il faut les abattre et éviter que l’épidémie se propage". Tout le secteur du bois subit déjà des répercussions économiques de cette crise. "Le bois d’épicéa en Ardennes se vend normalement 60 à 70 euros du m³, nous sommes à 30 euros du m³ si le bois est sain, et moins de 10 euros s’il est scolyté !", précise Quentin Leroy de l’Office wallon du bois. "Nous sommes dans le pic de la crise. Elle dure généralement 5 à 7 ans. Si on considère qu’elle a débuté en 2016-2017, discrètement, nous sommes au niveau maximal. L’épidémie devrait ensuite décroître." Mais les conditions météo, et la quantité d’eau disponible surtout, seront déterminantes.

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