Comment permettre aux migrants de mieux s'intégrer? Via des formations à l'école, notamment

Cette année, dans cet établissement molenbeekois, 23 adolescents sont analphabètes. C'est trois fois plus que les années précédentes (illustration).
Cette année, dans cet établissement molenbeekois, 23 adolescents sont analphabètes. C'est trois fois plus que les années précédentes (illustration). - © Flickr - Elisabeth Albert

La question est au cœur du débat électoral en Autriche, elle trouve un écho chez nous aussi. Des enseignants bruxellois s'inquiètent du sort réservé aux adolescents réfugiés. Les jeunes primo-arrivants peuvent bénéficier d'un soutien scolaire, une année de formation intensive au français.

L'idée est de les mettre à niveau pour qu'ils puissent ensuite rejoindre l'enseignement secondaire classique. Mais, disent ces enseignants, cette année est trop courte pour être efficace.

Quelles sont les difficultés au quotidien ? Pour le savoir, nous nous sommes rendus dans une classe du campus Saint-Jean à Molenbeek.

Au Cabinet de la ministre de l'Éducation Marie-Martine Schyns (cdH), on reconnait que "pour certains primo-arrivants, la durée est trop courte. Une période plus longue pourrait être envisagée. Une réflexion est lancée en ce sens".

"Vous êtes prêts ? Un, deux, trois : la Belgique…" Que l'on ne s'y trompe pas : Julie Dock n'est pas institutrice maternelle, mais professeur de français pour des adolescents. Devant elle, neuf élèves s'appliquent. Ils viennent d'arriver en Belgique. "On doit reprendre des apprentissages que l’on apprend normalement en Belgique à deux ans et demi, donc tout ce qui est socialisation, abstraction, notion du temps, etc."

Il faut dire que sept d'entre eux viennent de Syrie. Ils fuient la guerre, et un pays dans lequel ils n'étaient plus scolarisés. Alain Clignet est le coordinateur du dispositif qui les accueille. "On a des jeunes qui arrivent ici qui n’ont jamais fréquenté l’école. Donc, ils ne savent pas, même dans leur langue d’origine, écrire leur nom."

Cette année, dans cet établissement, 23 adolescents sont analphabètes. C'est trois fois plus que les années précédentes et, pour chacun d'entre eux, les difficultés sont à venir. À la fin de l'année, chacun devra rejoindre une école secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Soit vers une première différenciée, c’est-à-dire une année où on doit acquérir son CEB, mais le fossé entre ce qu’il sait faire et l’apprentissage en CEB est encore énorme. Ou bien vers une troisième professionnelle, ce qui correspond mieux à son âge, mais les prérequis sont encore bien plus importants."

Aujourd'hui, Julie Dock et ses collègues demandent que la formation pour primo-arrivants puisse être allongée.

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