Comines-Warneton : à la découverte d'une tannerie

Façonner le cuir, voilà une activité bien rare en Belgique. Notre pays compte à peine deux tanneries. L'une d'elle se trouve à Comines-Warneton.

Créée à Verviers en 1870 par la famille Radermacker, l'entreprise s'est transmise de père en fils. Depuis 150 ans, cette affaire familiale transforme la peau, principalement de taureau, en cuir. Du sur mesure, de la production au modelage, par des artisans, avec comme résultat, des ceintures, des cartables, du cuir pour l'industrie ou du revêtement pour mobilier.

André-Jean Radermacker est le patron de cette tannerie depuis 65 ans. "Pour moi, le cuir, c'est dans le sang, ça reste une matière noble, vivante", dit-il. Mais aujourd'hui, à 88 ans, il souhaite passer la main à un jeune duo d'entrepreneurs qui promettent de garder l'authenticité du produit et les recettes de tannage.

Un savoir-faire à préserver

Quatre mois sont nécessaires pour obtenir un cuir.

Tout commence à l'abattoir où la peau est préalablement salée. Elle sera ensuite lavée, décharnée et épilée avant d'être tannée dans de gros tonneaux.

"C'est ici dans la salle des foulons où on va mélanger les peaux durant 48 à 72 heures avec des tanins afin de les transformer en cuir" explique Nicolas Quintin, le nouveau cogérant de la tannerie. 

Ensuite, les peaux sont plongées dans d'énormes fosses profondes de quatre mètres remplies de tanins. Après un peu de repos, des machines vont égaliser le cuir et gommer les aspérités. Finalement, pour qu'il obtienne son aspect, le cuir est séché dans de grands cadres.

Une vision d'avenir

Afin de mieux faire connaître le métier et sa production, le jeune duo compte ouvrir les portes de l'atelier.

"Notre premier objectif est de mettre devant les yeux des clients ce produit artisanal qui est fabriqué près de chez eux, qui est lié à un vrai patrimoine, un vrai savoir-faire" détaille Nicolas Quintin.

La nouvelle direction n'en restera pas là. Elle souhaite donner plus de visibilité aux produits, prospecter de nouveaux marchés, exporter et s'ouvrir à l'internet.

C'est donc à cette nouvelle génération qu'il appartient de protéger ce patrimoine artisanal.

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