Colfontaine : la porte de la Maison de l'Éveil reste ouverte pour deux tiers des ateliers

Isabelle Lebon, directrice de la Maison de l'Éveil et de la Santé de Colfontaine.
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Isabelle Lebon, directrice de la Maison de l'Éveil et de la Santé de Colfontaine. - © Pierre Wuidart - RTBF.

Fermera, fermera pas ? À Colfontaine, la Maison de l’Éveil et de la Santé a vécu un week-end dans le flou. Vendredi (9 octobre), le bourgmestre Luciano D’Antonio avait interdit les activités sportives et récréatives en intérieur sur tout le territoire communal jusqu’à la fin du mois d’octobre. Lundi, l'équipe qui gère la structure s'est réunie pour passer en revue les différents ateliers qui y sont proposés. Mais comment définir l’aspect récréatif d’une activité ? En se penchant sur la question, la Maison de l’Éveil a trouvé une piste pour pouvoir garder deux tiers de ses ateliers ouverts.

"La plupart des activités que nous proposons sont plus que récréatives. Il n’est pas seulement question d’amusement ou d’occupation… Il s’agit de projets d’évolution personnelle avec apprentissage, quelle que soit la technique", explique Isabelle Lebon, directrice. Ainsi, les ateliers guitare, chant choral ou dessin se poursuivent cette semaine. "On a aussi gardé nos activités formations comme le permis de conduire, la cuisine de restes ou l’atelier couture". Idem pour les ateliers thérapeutiques. Sont par contre passés à la trappe les rendez-vous purement sportifs du calendrier : "Stretching, Pilates, Body Sculpt…" et les activités récréatives pour enfants comme les mercredis de l’éveil et les anniversaires.

L'importance des activités "non essentielles"

Depuis septembre, environ 350 personnes franchissent chaque semaine le seuil de ce centre d'activités de Colfontaine et participent à l'un des trente ateliers programmés. Dix d'entre eux sont touchés par l'arrêté du bourgmestre et seront donc suspendus. "Pour ceux qui restent ouverts, nous serons encore plus vigilantes sur les mesures sanitaires. Par exemple, le café qui papote se tiendra toutes les semaines au lieu de tous les quinze jours. La moitié du groupe s'y retrouvera à tour de rôle.

L'équipe de la Maison de l'Éveil est prête à redoubler d'efforts pour continuer à encadrer cette vie sociale indispensable à une partie de son public, précaire et isolé. Le confinement du printemps dernier et l'arrêt des activités durant plus de trois mois a permis de rappeler l'importance du rôle joué par ces activités "non essentielles" auprès de certaines personnes.

6.000 euros à trouver

"Quand on a repris nos activités, les habitués étaient très demandeurs", explique Isabelle Lebon. "Les gens étaient contents de revoir des visages, de retrouver leurs activité, de ressentir ces liens. On a vu aussi arriver de nouvelles personnes. Pour certains, ces activités, c'est le seul moment de la semaine où ils rencontrent des personnes. Pour eux, ici, c'est une seconde maison, un foyer."

L'arrêt total des activités au printemps a creusé un trou de 26.000 euros dans le budget de la Maison de l'Éveil. Des demandes de subsides ont été introduites à hauteur de 20.000 euros. Pour compenser les 6.000 euros restants, un crowdfunding (financement participatif) sera bientôt lancé sur la plateforme KissKissBankBank.

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