Chièvres: vétérinaire et colombophile, il analyse la complexité d'une mesure de confinement

Frédéric Jonckers, vétérinaire et colombophile, applique évidemment à ses pigeons les mesures de confinement
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Frédéric Jonckers, vétérinaire et colombophile, applique évidemment à ses pigeons les mesures de confinement - © Marie-Anne Brilot

La découverte d’un cas de grippe aviaire en Flandre a conduit l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) à prendre une mesure de confinement des oiseaux et des volailles. Si cette mesure est nécessaire, elle est loin d'être anodine pour les éleveurs.

Frédéric Jonckers est vétérinaire à Chièvres et il maîtrise d’autant plus les différents aspects du sujet qu’il est également colombophile. Pour lui, cette mesure de confinement est extrêmement contraignante à appliquer pour un particulier. On peut d’ailleurs légitimement se poser la question de savoir qui va contrôler l’application de cette mesure de l’AFSCA. La réponse est pour lui assez évidente : "Il existe un communiqué de presse avec les mesures prises, maintenant qui va contrôler et bien c’est souvent sur dénonciation que l’AFSCA se déplace."

Le confinement est contraignant

"Regardez tous les pigeons qui sont ici vont devoir être confinés. Ils ne vont donc plus pouvoir sortir, ce qui est très embêtant pour eux parce que ce sont vraiment des athlètes qui ont besoin d’entraînement quotidiennement. Si le confinement s'applique jusqu’au 8 février ça va, mais si les mesures se prolongent ça va être compliqué".

"J’ai 250 pigeons pour le moment dans la volière, poursuit le colombophile. Mais c’est la période d’élevage donc les jeunes vont arriver aussi, il va donc falloir gérer le confinement de ces 350 oiseaux et même si on possède l’équipement cela ne va pas être simple."

Pas l’idéal pour le bien-être animal

Pour le bien-être animal, ce n’est pas l’idéal non plus même si chez les colombophiles il n’y a aucun problème, les pigeons sont très bien logés, mais ils seront réduits à l’inactivité. Pour les volailles également ce n’est pas l’idéal, elles qui ont l’habitude d’évoluer en plein air dans une prairie ou un enclos, le fait de les enfermer question bien-être animal ce n’est pas l’idéal non plus.

Le début des concours colombophiles c’est début voire au milieu du mois de Mars mais en Février c’est la période ici où les colombophiles commencent à relâcher leurs pigeons pour les entraînements, une opération qui se fait progressivement : on commence par deux ou trois fois par semaine et puis après c’est vraiment tous les jours, voire deux fois par jour "à ce moment les pigeons sont rassemblés et partent en camion vers des lieux de lâcher où ils sont libérés pour retrouver leur pigeonnier et là, si les mesures continuent, c’est sûr que ces concours vont être interdits, ce qui risque de perturber l’ensemble du déroulement de la saison colombophile qui se poursuit jusqu’à la fin septembre".

Ce n’est pas une première

"Il y a déjà eu, il y a quelques années, l’interdiction des lâchers de pigeons en France puisque, pour la Belgique, les pigeons sont principalement lâchés sur des lieux de concours en France. À ce moment-là, nous avions été obligés de lâcher nos pigeons sur l’Allemagne et là nous avons connu des catastrophes parce que les pigeons n’étaient pas habitués à cette ligne de vol-là, ce qui a conduit à de nombreuses pertes."

En Belgique, 95% des colombophiles sont des amateurs, mais "il y a tout de même une petite partie de professionnels qui vivent de cela, des concours et des ventes de pigeons, et pour eux le confinement occasionne un réel manque à gagner".

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