Coronavirus à Châtelet : Aperam contrôle systématiquement la température de ses ouvriers

Depuis quelques jours, c’est devenu le nouveau rituel des ouvriers dans les vestiaires. Dès leur arrivée à l’usine, ils passent devant une petite caméra et contrôlent leur température. Francisco, chef de production des laminoirs, commence à s’habituer à ce check-up quotidien. "Chaque matin, je vérifie ma température pour voir si tout va bien et si je suis en bonne santé. Cette technologie est là pour nous aider à améliorer notre vie quotidienne. C’est très important en ce moment, surtout pour nos familles et pour garantir que l’économie tourne", s’exprime-t-il.


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Des caméras thermiques ont été installées dans les vestiaires, mais aussi à l’entrée de l’usine. Tous les jours, de nombreux chauffeurs routiers venant d’Italie ou d’Espagne se rendent chez Aperam. Dès le début de la crise, la direction n’a souhaité prendre aucun risque. "On a besoin de rassurer le personnel et de faire en sorte de leur donner des outils qu’ils leur fassent prendre conscience que la probabilité qu’une personne infectée soit sur le site est extrêmement faible, même si le risque zéro n’existe pas", explique Carlo Morettin, directeur général du site de Chatelet d’Aperam Stainless Belgium.

La vie privée des ouvriers garantie

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L'ouvrier doit se placer face à la caméra pour vérifier sa température © Tous droits réservés
L'ouvrier doit se placer face à la caméra pour vérifier sa température © Tous droits réservés

Ces thermomètres 4.0. peuvent mesurer la température corporelle au dixième près. Si la température d’un ouvrier est trop élevée, une alarme se déclenche et la personne doit directement aller se signaler volontairement. "Il y a une procédure qui est prévue à ce moment-là. On appelle l’infirmier, on refait un contrôle plus classique et la personne n’entre pas si sa température dépasse les 37,3°", détaille le directeur.

Malgré les craintes liées à la présence de nouvelles caméras, les ouvriers ont rapidement accepté ce nouvel outil. Un moyen de les rassurer dans ce climat anxiogène lié à la présence du virus. L’entreprise leur garanti également le respect de leur vie privée. "Nous n’enregistrons pas les mesures qui ont été prise car nous respectons les règles liées à la protection de la vie privée. Notre base, c’est vraiment la confiance et le civisme de chacun d’aller se signaler volontairement si on fait de la température", assure Carlo Morettin.

600 caméras vendues en 1 mois

Depuis 1 mois, la demande pour ces modèles de caméras explose. C’est la société montoise I-Care qui les a inventés et parmi ses récents acheteurs des entreprises, mais aussi des particuliers, des maisons de repos, des hôpitaux et même une compagnie aérienne. "Habituellement, on vend une trentaine d’instruments par an, mais le mois dernier, on a vendu, livré et installé près de 600 instruments un peu partout dans le monde. Ces caméras peuvent servir dans d’autres cas que le coronavirus. Si employé fait de la fièvre, il vaut mieux qu’il rentre chez lui", analyse Fabrice Brion, CEO et cofondateur d’I-Care.

Afin de respecter les mesures d’hygiènes et de sécurité, le contrôle de température va-t-il devenir systématique au travail ou dans certains lieux très fréquentés ? Force est de constater que c’est l’une des options choisies par certains secteurs économiques.

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