Charleroi: un caisson isotherme pour les sans-abris

Charleroi: un caisson isotherme pour les sans-abris
Charleroi: un caisson isotherme pour les sans-abris - © rtbf

Un caisson pas plus grand qu'une tente une personne mais en plaques isolantes. C'est l'idée d'un membre de l'asbl "Pays noir à la lumière". La toute nouvelle association distribue des repas aux sans-abris. Et par ce froid, certains membres voulaient aider les SDF qui dorment sous tente à avoir chaud. Il a donc imaginé un caisson assez haut sur l'avant pour se glisser dans un sac de couchage, étanche avec des tuyaux remplis d'eau chaude pour réchauffer les pieds et l'habitacle. 

Michaël Dethière à Gilly se glisse dans l’habitacle un peu comme dans une tente une personne mais des plaques d'isolant ont remplacé la toile. "On peut encore s'y tenir assis dans l'entrée, enfiler son sac de couchage très facilement, explique-t-il tout en faisant la démonstration. Le caisson fait environ deux mètres de long sur 60 centimètres de large. Au fond, il y a un réseau de tuyaux. Là, on incorpore 2,7 litres d'eau chaude à 67 degrés. Ça va pouvoir réchauffer les pieds mais aussi donner un coup de boost pour la température." De l'eau chaude que les membres de l'asbl comptent distribuer aux sans-abris.

Car c'est bien le but: le donner à prêter aux SDF pour qu'ils puissent passer la nuit au chaud. Michaël l'a essayé. "J'ai fait le test sur trois heure. A 1h20 du matin, il faisait -5° dehors et moi, j'avais 16,5° à l'intérieur." L'idée est de fournir le caisson pendant l'hiver puis de le récupérer pendant les beaux jours pour le remettre en état si besoin, le désinfecter et le remettre en service une fois l'hiver revenu. 

"Avec deux sangles à l'avant du caisson, c'est possible de le transporter sur son dos, selon Michaël Dethière. Ça fait 13 kg, le poids d'un gros sac de courses." Encore faut-il trouver un endroit où l'installer qui soit autorisé. Une solution temporaire avant de trouver un vrai logement. C'est le but final de l'asbl: sortir les sans-abris qui le souhaitent de la rue. En deux mois et demi, ils ont trouvé des logements pour quatre personnes. "On a fini par convaincre les propriétaires d'accepter les garanties locatives des CPAS. Car finalement, aujourd'hui, même un contrat de travail, ce n'est plus une sécurité."

Recherche de sponsors

 Le caisson qui se trouve devant chez Michaël aujourd'hui n'est encore qu'un prototype. L'asbl doit trouver des fond pour en financer d'autres. A 90 euros le modèle, c'est abordable mais pas encore dans la poche. "Ça ne fait que deux mois que l'asbl existe, explique Didier Van der Auwera, trésorier. Nous n'avons pas de subsides donc on prend chaque don pour le réinvestir correctement... et sauver des vies."

Un magasin de matériaux s'est déjà montré intéressé pour devenir sponsor. De quoi réchauffer le cœur... et les pieds des sans-abris. 

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