Charleroi: trois ans de prison avec sursis pour avoir causé une overdose mortelle

Deux traces de piqûres ont été relevées et une dose de stupéfiants 30 fois plus élevée a été relevée dans le sang du défunt qui n'a pas eu le temps de métaboliser cette drogue (illustration).
Deux traces de piqûres ont été relevées et une dose de stupéfiants 30 fois plus élevée a été relevée dans le sang du défunt qui n'a pas eu le temps de métaboliser cette drogue (illustration). - © DR

Le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné, ce lundi, un toxicomane à trois ans de prison avec sursis probatoire pour la moitié de la peine. En 2013, il avait administré une dose d'héroïne à un ami consommateur, ce qui avait entraîné son décès. Il a été reconnu coupable d'avoir délivré de l'héroïne avec la circonstance que cela a entraîné la mort de la victime et non d'assassinat comme le réclamait la partie civile.

Le 15 mai 2013, Allan M. et la victime Steeve B. avaient acheté de l'héroïne à Charleroi pour la consommer dans un buisson du parc Notre-Dame. Le prévenu explique avoir sombré dans l'inconscience et retrouvé son ami inerte à son réveil. Malgré l'intervention des secours, Steeve B. est décédé d'overdose.

Allan M. a été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour avoir délivré avec la circonstance que cela a entraîné la mort de la victime. Il explique qu'il consommait de la drogue avec Steeve B. depuis quatre ou cinq ans et que, ce jour-là, ils ont consommé une trop forte dose d'héroïne.

Me Gelay, conseil des parties civiles, estimait quant à lui qu'il ne s'agissait pas d'un accident, mais bien d'un assassinat. "La veille, les deux hommes s'étaient disputés à propos d'une femme", explique l'avocat. "La victime avait peur du prévenu qui était souvent violent. Un témoin affirme d'ailleurs que, le jour des faits, les deux hommes s'invectivaient encore".

Allan M. a reconnu avoir effectué lui-même l'injection à Steeve B. Deux traces de piqûres ont été relevées et une dose de stupéfiants 30 fois plus élevée a été relevée dans le sang du défunt qui n'a pas eu le temps de métaboliser cette drogue. Enfin, lorsque les policiers sont arrivés sur place, ils ont découvert le prévenu avec le genou appuyé sur la gorge de la victime.

Après audition d'experts, le tribunal a estimé que l'intention homicide n'était pas démontrée dans le chef du prévenu. De même, la métabolisation individuelle des produits stupéfiants, la consommation d'alcool (l'équivalent de 3,8 litres de bière) et les données parcimonieuses récoltées par l'enquête ne permettent pas d'établir les quantités de drogue injectée. Allan M. a donc été reconnu coupable d'avoir délivré de l'héroïne avec la circonstance que celle-ci a causé la mort de la victime, ce qu'il ne contestait pas. Il écope de trois ans de prison avec sursis probatoire pour la moitié de la peine.

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