Charleroi: Pluie de PV sur les camionnettes du chantier Rive Gauche

Charleroi: Pluie de PV sur les camionnettes du chantier Rive Gauche
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Charleroi: Pluie de PV sur les camionnettes du chantier Rive Gauche - © Tous droits réservés

On les compte par dizaines depuis plusieurs semaines. Les camionnettes des différents corps de métiers qui terminent le chantier Rive gauche ont envahi la ville basse de Charleroi - Boulevard Tirou, Quai Rimbaud et quartier du Triangle en première ligne. Une situation "anarchique" reconnait la Ville, "mais qui prendra fin le 9 mars", jour de l'inauguration du centre commercial. En attendant, chaque véhicule utilitaire représente une infraction potentielle - souvent réelle - que les services de police n'hésitent pas à verbaliser.

Ce sera encore pour le patron

Nous avons arrêté de compter après une quarantaine de pare-brises ornés d'un procès-verbal. La situation laisse travailleurs et entrepreneurs perplexes. "Trois jours, six PV. Magnifique...", lâche l'un d'eux, entre soupir et consternation. Au moment de démarrer, les conducteurs relèvent les PV sur leurs camionnettes respectives, d'un geste presque machinal, et la phrase à la mode pour déclencher quelques rires est désormais: "ce sera encore pour le patron"

- Cela fait deux trois jours d'affilée qu'on reçoit des papiers. Je ne comprends pas pourquoi. Aucun parking ne peut accueillir toutes la camionnettes...où est l'alternative?

- Se garer ailleurs? C'est faisable, mais c'est plus difficile pour travailler. Et si on est plus loin, c'est pas très compliqué, les travaux ne seront pas terminé pour les dates prévues.

Un enfer pavé de bonnes intentions.

La Ville affirme n'avoir donné aucune instruction à la police, "ni dans un sens ni dans l'autre" - comprenez, ni pour une tolérance même temporaire, ni pour un acharnement particulier. David Quinaux, porte-parole de la police carolo confirme: "C'était l'anarchie totale, il y a eu du laisser-aller, et il était grand temps d'y remettre de l'ordre". Bien conscient que "les travaux doivent avancer et (que) ménager la chèvre et le chou n'est pas toujours évident", il renchérit: "Dans le quartier, il y a des gens qui vivent, et qui doivent pouvoir continuer à vivre. Nous recevons une douzaine d'appels par jour faisant état de difficultés à circuler, parfois pour des engins de chantier! Quand la camionnette des électriciens empêche celle des carreleurs d’avancer, c’est le serpent qui se mord la queue. Et cette anarchie empêche le chantier d'avancer."

Chaque entrepreneur désire effectivement remplir son cahier des charges le plus vite possible, indépendamment des autres corps de métier. Et le gigantesque chantier Rive Gauche ressemble à un enfer, pavé de bonnes intentions - à supposer que la camionnette du paveur ne soit pas bloquée derrière celle du plombier.

 

 

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