Charleroi: les squats se multiplient de manière alarmante

Squat à Charleroi
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Squat à Charleroi - © Luciano Arcangeli

Le récent rapport du Relais social de Charleroi a levé le voile sur le danger croissant de voir se multiplier les squats où se retrouvent un nombre indéfini de personnes sans domicile fixe.

En ce début de printemps, le bilan de la capacité d'accueil du Relais social est stable, il n'y a pas eu de forte hausse de fréquentation dans les abris sociaux. Mais les travailleurs de terrain, ils sont une centaine au relais social, s'inquiètent. Les squats qui échappent à toute forme de contrôle, se multiplient. Dangereusement. Rapidement. 

Insalubre 

Des endroits comme celui que nous avons visité et que vous découvrez sur les photographies. Des endroits sordides, insalubres et dangereux. Des endroits qui en dépit de tout bon sens, constituent pourtant un havre de paix, certes de courte durée, mais un endroit où des hommes et des femmes qui n'ont plus rien, trouvent encore la force d'aller dormir, se reposer ou se droguer, pour oublier leur statut. Dans une pièce, une couverture de survie. Dans une autre, un lit de camp, une boite de nourriture pour chien, fraîchement ouverte, une écuelle pour l'ami inséparable. C'est là que vit un ancien chauffeur routier. Qui refuse de se séparer de son meilleur ami. Et qui donc, n'a pas accès aux abris.

Environ 650 SDF sont connus des services sociaux de la Ville, des services sociaux qui ne ménagent pas leurs efforts, pour les accueillir dans les structures et abris de jour ou de nuit. Mais combien de noms, combien d'ombres furtives se glissent dans ces endroits sordides, les squats, à la nuit tombée ? Combien d'entre eux ?  D'anciens bureaux abandonnés, des maisons expropriées, des usines désaffectées, des escaliers, des ponts, des buissons aux abords des autoroutes... 

Relais social

Denis Uvier, de l'asbl Solidarité Nouvelle, n'a de cesse de le rappeler. " Les structures d'accueil mises en place à Charleroi, fonctionnent plutôt bien. Mais elles sont structurellement débordées par le nombre de personnes sans toit, qui affluent dans la métropole ". Les squats, une centaine environ dans le grand Charleroi d'après Denis Uvier, sont donc des planches de salut, souvent pour quelques nuits. Mais les conditions de vie y sont absolument épouvantables. 

Henry, 60 ans...

Je n'ai pas photographié Henry, par respect. Il est venu me voir, en fait, il était surpris de me voir dans ce cloaque à ciel ouvert qui borde la Sambre à quelques encablures du boulevard Tirou. " Oui, je dors dans les squats. Depuis longtemps. Avant la police qui assure la sécurité du rail me laissait dormir dans une pièce chauffée près de la gare, mais maintenant c'est fini. Les squats sont là. Je connais bien le monsieur qui vit ici avec son chien, avant, il était chauffeur de poids lourd, c'est un Roumain, un type intelligent qui parle plusieurs langues. Mais il a fini ici... " Et quand je lui demande si il n'a pas peur de dormir dans ce genre d'endroit... " Oui, bien sûr, c'est dangereux ici. A cause des toxicomanes. Mais avant, il y avait plus de contrôles, depuis les attentats, on ne voit plus personne. C'est normal. Les policiers ont d'autres choses à faire... ". Henry, envoie sa canette de bière dans le fond d'un petit sachet blanc. Lui, ne la jette pas sur le tas d'immondices. Et il m'accompagne jusqu'au night shop tout proche. Pour une autre bière. 

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