Charleroi: le document à 10 millions d'euros... n'existait pas !

Les téléphones chauffent, à Charleroi, après la révélation publique de la disparition du dossier européen de 10 millions d'euros. Le dossier de rénovation du Quai 10, le nouveau centre de cultures contemporaines carolo, risque en effet de perdre une partie de ses subsides européens parce que des documents ont disparus des archives de la ville. On cherche notamment à mettre la main sur la "concession domaniale", le document rédigé par le collège carolo, qui octroie la gestion du site à l'asbl Le Parc. Et après enquête, il semble acquis qu'il ... n'existe pas !

Petit rétroacte : le 28 février 2012, le collège se réunit pour évoquer le dossier de la désignation du futur gestionnaire du quai de l'image, comme on l'appelle encore à l'époque. C'est logiquement l'échevin de la Culture, le cdH Antoine Tanzilli, qui porte le dossier. Il vient avec un nom : l'asbl Le Parc. C'est le fruit du travail du comité de sélection, un groupe de travail qui a examiné les trois candidatures rentrées et qui retient donc celle de Michel Bakolas, qui s'occupe déjà du cinéma Le Parc.

Des coups de fils de félicitations sont échangés, une conférence de presse organisée dans la foulée. Les réunions de travail commencent, le chantier avance bien. Mais étrangement, les nouveaux gestionnaires ne recevront jamais de notification officielle de ce choix. Une source proche du dossier nous confirme le fait : "Vous pensez bien que si Le Parc avait eu ce document, il l'aurait sorti ces derniers jours".

Confirmation également du côté de la Ville, où on nous certifie qu'il n'y a aucune trace de ce document tout simplement parce qu'il n'a ... jamais existé : "Antoine Tanzilli a été très léger sur ce coup-là, il ferait mieux de faire profil bas".

Un membre du collège de l'époque se souvient que ce dossier était suivi de près par l'échevin Tanzilli, c'est donc lui qui logiquement, a dû assurer le suivi : "J'avais le sentiment que le dossier était géré directement par Tanzilli parce qu'il y tenait, et pas par l'administration".

Contacté par nos soins, ce dernier nous répondra simplement que "c'est l'administration communale qui a géré pratiquement ce dossier". L'avis juridique de l'avocat désigné par la Ville est donc attendu avec beaucoup d'impatience, les règlements de compte politique arriveront plus tard.

 

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