Charleroi: la situation se dégrade de plus en plus aux environs de la tour Interbéton

Les détritus s'amoncellent dans le quartier délabré et insalubre
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Les détritus s'amoncellent dans le quartier délabré et insalubre - © rtbf.be - Luciano Arcangeli

La rue Bosquetville et la rue du Marais délimitent un petit quartier de Charleroi qui jouxte la tour Interbéton. A quelques dizaines de mètres de la piscine Hélios, c'est devenu un quartier totalement abandonné, à la limite de la zone de non droits, jonché de dizaines de m³ de déchets et de détritus. Et puis, c’est surtout un point de rendez-vous des toxicomanes et dealers. Les riverains, une vingtaine à encore y croire et à vivre dans ce quartier, sont tout simplement à bout.

Fabrice, qui habite la rue du Marais, nous emmène dans ces quelques hectares de pure désolation. Le mot scandale vient immédiatement à l'esprit mais ici on a dépassé ce stade : "Il y a même des jeunes qui viennent pour se droguer. Et alors on a des sans-papiers aussi. Il n’y a pas longtemps on a eu le feu. On commence à en avoir marre du quartier. Il y a cinq ans que ça dure."

La Ville et les services de la voirie sont déjà intervenus. Les pompiers aussi, à de nombreuses reprises. Et un incendie a encore été activé par des squatteurs il y a quelques jours. Et la situation n'évolue pas. Pourquoi ? Parce que ce terrain appartient en partie à un promoteur immobilier privé qui vit loin de Charleroi, en Israël, et qui attend son permis urbanistique pour raser et reconstruire un autre projet baptisé " River Towers ". Mais, en attendant, cette période de latence génère le chaos.

Fabrice insiste : "Ici ce qu’il faudrait faire, c’est clôturer tout ou raser tout directement. Raser tout et faire un parking par exemple. Il n’y a plus de parking à Charleroi. Il y a moyen de mettre 3.000 voitures ici. Pour le moment, il n’y a aucune barrière en fait. Aucune."

L'horizon n'est pas rose pour les habitants du quartier. Il fait chaud et les conditions d'insalubrité sont avérées. L'insécurité est évidente. Les habitants attendent une réaction pour le moins musclée de la Ville. Parce que celle du propriétaire privé, elle, elle ne vient pas.

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