Charleroi: la grève de Brussels Airlines ne décourage pas les futurs pilotes

Une période à nouveau propice pour les futurs pilotes en formation à Charleroi
Une période à nouveau propice pour les futurs pilotes en formation à Charleroi - © rtbf.be - Christophe Reculez

Devenir pilote d’avion, les élèves de l’Air Academy New, l’une des écoles de formation basée à l'aéroport de Charleroi, en rêvent.

Et la grève des pilotes de Brussels Airlines qui, comme dans d'autres compagnies auparavant, réclament de meilleures conditions de travail et des meilleurs salaires, n’a pas ébranlé leur motivation.

"Ça ne m’inquiète pas du tout", explique Damien qui obtiendra sa licence dans un mois. "Mais il faut dire que c’est très compliqué de prendre position car on ne connait pas tous les tenants et aboutissants. En attendant, pour nous, la période n’a jamais été aussi bonne. Il y a des opportunités de recrutement partout. J’ai des amis jeunes pilotes qui ont trouvé du boulot en trois semaines. Ce qui compte pour moi, dans un premier temps, c’est de me lancer dans ma carrière de pilote. Tout le reste concerne, pour le moment, les pilotes en activité."

Sans être indifférents aux revendications des pilotes qu’il estime légitimes, Bredj Anastassian, instructeur à l’académie, confirme le peu d’inquiétudes de ses élèves. "Pour l’instant, ils pensent seulement à obtenir leur licence. Et après, se faire engager. Tous ces problèmes sont encore lointains pour eux. Et Heureusement d’ailleurs."

Melvin, lui aussi, sera diplômé dans les semaines à venir. Et il s’inquiète davantage de trouver un emploi que des conditions de celui-ci. Heureusement pour lui, le secteur recrute énormément pour le moment. Ce qui ne fut pas toujours le cas par le passé. "C’est en effet assez rassurant. Mais il reste toujours une petite crainte de ne pas trouver d’embauche tout de suite. Je ferai le maximum en tout cas."

Un recrutement massif dans les différentes compagnies qui est une aubaine pour ces jeunes pilotes. "C’est très cyclique", explique Bredj Anastassian. "Par exemple, après le 11 septembre 2001, et durant deux ou trois ans, les compagnies n’ont plus beaucoup embauché. Et cette fenêtre positive se fermera bien un jour. Et lors de ces périodes, les pilotes doivent se montrer patients." 

Une période favorable permet aussi aux futurs pilotes de s’assurer rapidement des rentrées financières après des années très onéreuses. "C’est près de 60 000 euros pour les écoles les moins chères.", explique Damien. "Moi, j’ai dû travailler avant le début de mon cursus pour le financer. J’enseignais l’anglais. Mais d’autres doivent emprunter. Donc, lorsque l’on débute notre cursus, on a conscience que l’on est des privilégiés."

Des facilités d’embauches qui ne doivent pas non plus voiler la face des nouveaux pilotes. "Il ne faut pas non plus faire la fine bouche" explique Arnaud Libeau, responsable administratif d’Air Academy New. "Même s’il y a beaucoup plus d’offres qu’avant, cela reste compliqué d’être engagé directement dans une grosse compagnie, comme Air France, par exemple. Mais c’est évidement rassurant. Le marché est en pleine croissance. Il y a quelques années, on conseillait aux élèves de suivre une autre formation, en cas d’échec dans l’aéronautique. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas." 

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