Charleroi: jusqu'à cinq ans de prison ferme pour des recruteurs de l'EI

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Illustration - © STR

Le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné, ce mercredi, les membres d'une filière liée au groupe terroriste de l'Etat islamique (EI) à des peines de un an avec sursis à cinq ans de prison ferme. Trois d'entre eux ont participé au recrutement de futurs djihadistes dont l'un s'est probablement fait exploser à la frontière irako-jordanienne lors d'un attentat.

L'enquête a démarré peu après l'attentat kamikaze survenu le 25 avril 2015 à la frontière irako-jordanienne. Des parents originaires de Charleroi, qui venaient de recevoir les félicitations de l'EI, pour la mort en martyr de leur fils Karim Kadir, se sont présentés à la police. Ils ont expliqué le changement de comportement de leur enfant, parti au Maroc, et qui était influencé par un Italien converti, Antonio Betti.

A partir des écoutes téléphoniques, des liens sont rapidement apparus avec Youssef Chafik, un musulman radicalisé établi au Maroc, et avec Marwan Mahraz, un jeune Carolo qui a tenté de se rendre en Syrie en avril 2015. Au cours de ses conversations téléphoniques avec Mahraz, Antonio Betti, sous écoutes, a évoqué des envies d'égorgement de mécréants, mais également des contacts avec le cousin d'un des kamikazes de Paris. L'enquête a également révélé des liens avec Samir Chafik, le frère de Youssef, considéré comme un recruteur lui aussi. Ce dernier aurait notamment entraîné ses neveux au djihad à l'aide de fusils d'airsoft dans les bois de Soleilmont, ce qui a été écarté par le tribunal, faute de preuves.

En aveux d'avoir apporté son soutien à Marwan Mahraz lors de son départ vers la Syrie, Antonio Betti a été acquitté de la qualité de dirigeant d'un groupe terroriste. Selon le tribunal, il a participé au recrutement de jeunes en prônant le djihad armé à la mosquée d'Aiseau-Presles, mais il ne disposait pas de ressources financières ni de légitimité pour être considéré comme un chef. Antonio Betti a donc écopé d'une peine de cinq ans de prison avec un sursis probatoire pour ce qui excède les quatre premières années. Il devra s'abstenir de tout contact avec des personnes condamnées pour terrorisme, d'alimenter des réseaux sociaux et consulter des sites de propagande, et enfin, suivre une thérapie contre sa propension à la suggestion sectaire.

Vu son état de récidive, Samir Chafik écope de cinq ans de prison ferme, au même titre que Karim Kadir, dont la mort n'a pas été officiellement prouvée. Mahraz Marwan, qui a également aidé au recrutement de futurs djihadistes, est condamné à quatre ans de prison avec sursis probatoire pour la moitié. Ces quatre prévenus font également l'objet d'une interdiction des droits civils pour dix ans.

Enfin, la soeur de Samir Chafik et son concubin, Mohamed Hayat, écopent d'un an de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction des droits civils. Selon le tribunal, ils ont participé à la diffusion de vidéos de propagande devant leurs enfants.

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