Charleroi: Industeel plaide l'acquittement après un accident mortel

Industeel à Charleroi
Industeel à Charleroi - © rtbf.be

Le tribunal correctionnel de Charleroi a examiné lundi une affaire d'homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution à charge de la société Industeel Belgium de Marchienne-au-Pont (Charleroi).

En février 2015, un accident mortel était survenu sur le site marchiennois d'Industeel Belgium, faisant partie du groupe Arcelor Mittal. Eddy Bernard était chargé ce jour-là de déboucher le trou de coulée afin de permettre à l'acier en fusion de s'écouler du fourneau. Il était ainsi muni d'une lance thermique de six mètres de long qui devait lui servir à "craquer" la dolomie. Un collègue, qui devait allumer la lance au chalumeau en cas de besoin, a subitement senti celle-ci cogner contre son casque. Le temps de se retourner, Eddy Bernard avait chuté 15 mètres plus bas, glissant dans un interstice d'une trentaine de centimètres depuis le marche-pied du chenal sur lequel il était juché.

L'enquête menée par l'auditorat et le service du Bien-être au travail avait conclu à un homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution dans le chef d'Industeel Belgium, qui a dès lors été renvoyée devant le tribunal correctionnel de Charleroi.

La sécurité en question

Selon la partie civile et le parquet, une analyse de risque effectuée en 2013 avait déjà souligné la nécessité d'installer une rambarde à cet endroit. "Or, rien ou presque n'a été réalisé", a précisé Me Dusaucy, qui a réclamé 1 500 euros pour la sœur de la victime et un euro symbolique pour l'épouse.

Maître Monforti, qui défend les intérêts d'Industeel, a pour sa part plaidé l'acquittement. Selon l'avocate, il s'agit d'une erreur invincible et non d'un défaut de prévoyance. "Depuis 1977, les ouvriers réalisent 7 à 8 coulées quotidiennes et jamais un incident n'était survenu jusqu'alors", a expliqué l'avocate.

Dans ce dossier, une réouverture des débats a été ordonnée par le tribunal. La Défense a pu préciser que la victime était rompue à ce genre de travail puisqu'elle avait déjà réalisé 116 débouchages, ce que conteste la partie civile. Maître Monforti a ajouté que la configuration des lieux est identique dans d'autres sociétés et que jamais un accident mortel n'est survenu. Pour le parquet, en revanche, ces situations démontrent qu'il est temps de donner un signal fort.

Selon Maître Dusaucy, une barre située entre le chenal et le garde-corps n'était pas présente au moment des faits. Ce à quoi la direction répond qu'il s'agissait d'une amélioration de sécurité "testée" par les ouvriers mais qui n'était pas encore jugée utile par toutes les équipes.

Le jugement devrait être rendu le 6 mars.