Charleroi: faits de corruption à l'ISPPC? Philippe Lejeune réfute

L'hôpital Marie Curie à Lodelinsart, membre de l'ISPPC
L'hôpital Marie Curie à Lodelinsart, membre de l'ISPPC - © ISSPC

Suite aux accusations portées contre la gestion de l'Intercommunale de Santé Publique du Pays de Charleroi dans un mail anonyme, la direction de l'établissement s'est exprimée au travers de divers responsables.

Philippe Lejeune réfute les accusations

Philippe Lejeune, le directeur général des hôpitaux de l'ISPPC, est impliqué directement dans ces révélations anonymes à propos de repas de fête personnels réalisés sur le site d'un des hôpitaux.

L'intéressé réfute quelque faute que ce soit: "On n'a jamais demandé à l'ISPPC de faire des repas. Jamais du personnel de l'ISSPC n'a confectionné des repas. La seule chose qui a été réalisée, c'est que, lorsque les cuisines de l'Espace Santé étaient d'ailleurs désaffectées, c'est vrai que là, il y avait une machine pour faire des ratas et des choses de ce type-là. Et j'avais demandé à l'époque de pouvoir confectionner juste cet aspect-là, à cet endroit-là, par des extérieurs. Ce qui était autorisé d'une part ; et réalisé par ailleurs. Et les éléments de repas, c'était d'ailleurs moi qui étais allé les chercher avec une camionnette personnelle."

"Il faut enquêter!"

Laurent Levêque est l'administrateur général de l'ISPPC. Pour lui, si les accusations s'avèrent fondées, il faudra faire toute la lumière sur les faits. Mais d'abord, il faut pouvoir juger l'authenticité et la véracité du mail anonyme accusateur.

"J’ai demandé à mon service juridique de porter l’affaire devant le parquet, ce qui va être fait aujourd’hui, précise-t-il. J’ai proposé au conseil d’administration, qui l’a accepté, que je mène une enquête interne et qu’elle soit diligentée par mes soins parce que j’estime que l’on doit faire toute la transparence sur ce qui est indiqué-là. Je pense notamment à des faits qui sont reprochés au docteur Lejeune, à des faits plus généraux sur la légalité de certains actes qui seraient posés (notamment dans le cadre de marchés publics) et qui ne sont évidemment pas de ma connaissance. Car, vous imaginez bien que si j’avais connaissance de faits de ce type-là, j’y aurais mis fin de suite."

"Je suis là depuis deux ans, poursuit-il, et j’ai veillé à apporter toute la transparence et la rigueur possible. Et mon souhait, c’est maintenant d’aller de l’avant, c’est-à-dire de faire toute la lumière et de donner toute la transparence possible. Et puis de pouvoir faire notre premier métier, et de continuer à le faire bien: c’est-à-dire de soigner des gens et de s’occuper au mieux de nos concitoyens."

Nicolas Tzanetatos: "Aujourd'hui tout sort..."

Nicolas Tzanetatos, le président du conseil d'administration de l'ISPPC, ne dit pas autre chose. En place depuis juin 2013, il n'a lui pas constaté de faits délictueux depuis son arrivée mais souhaite que toute la lumière soit faite sur certaines pratiques plus anciennes. "Le climat actuel au niveau politique, au niveau du secteur public, amène les gens aujourd'hui à sortir du silence sur des faits anciens. Et donc les informations arrivent au compte-goutte. Mais elles sont tellement diverses dans leur sujet qu'on sent que ça a été retenu pendant pas mal d'années et qu'aujourd'hui tout sort."

Nicolas Tzanetatos, comme d'autres membres du personnel et du conseil d'administration, a été entendu ces dernières semaines par les policiers de l'OCRC, l'Office Central pour la Répression de la Corruption. "Je leur ai donné les informations qui étaient en ma possession. Mais la plupart des faits dénoncés remonte bien avant mon arrivée à l'ISPPC. Donc ce n'était pas évident d'apporter des informations concrètes et précises. J'ai aussi retracé la structure de l'intercommunale pour permettre aux enquêteurs d'aller interroger les personnes qui auraient pu constater ou qui auraient pu être témoin de quelque chose à l'époque."

Ces auditions montrent bien qu'indépendamment du fameux mail anonyme envoyé lundi soir aux administrateurs, beaucoup au sein de l'Intercommunale savaient que la justice commençait à s'intéresser à certaines pratiques que l'on croyait révolues à Charleroi.

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