Débrayage des cheminots SNCB: la situation était problématique ce mercredi

Environ 200 cheminots étaient présents sur la passerelle de la gare de Mons mais le trafic s'effectue normalement.
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Environ 200 cheminots étaient présents sur la passerelle de la gare de Mons mais le trafic s'effectue normalement. - © Stéphanie Vandreck

La colère gronde ce mercredi dans plusieurs ateliers de la SNCB, notamment en Hainaut. À Charleroi et à Mons, les cheminots ont débrayé spontanément quand ils ont appris qu’ils ne seraient pas rémunérés pour l’intégralité de leurs prestations.

Selon nos informations, les cheminots devraient se mettre totalement en grève à partir de 22h ce mercredi.

Ce mouvement émotionnel a rapidement fait tache d'huile à Schaerbeek, Kinkempois, Salzinnes et Forest et pourrait s'étendre du côté flamand.

Ainsi à Cuesmes, les ouvriers qui sont affectés à l’entretien et aux réparations des trains travaillent sous le régime des 36 heures/semaine, mais ils travaillaient en fait sous le régime des 40 heures pour pallier les absences. Problème pour eux : ils ont appris ce mercredi matin que la différence ne serait pas payée.

En réaction, 200 ouvriers se sont rassemblés sur la passerelle de la gare de Mons avant de quitter les lieux pour aller soutenir les gardiens de la prison de Mons.

À Charleroi, les cheminots bloquaient la gare de Charleroi-Sud. Des agents de postes de signalisation ont également arrêté le travail, ce qui a une répercussion sur la circulation des trains dans la région de Charleroi. Les trains y circulent donc très peu et très difficilement. Mais, vers 15h30, un communiqué d'Infrabel indiquait que la situation était en voie de normalisation pour garantir un train (avec peu de retard) pour les navetteurs rentrant chez eux. Les agents grévistes du poste de signalisation auraient été remplacés par d'autres non manifestants.

La justification du mouvement

Les syndicats justifient le mouvement par la décision d'HR-Rail, la société qui emploie juridiquement le personnel des chemins de fer, d'appliquer une mesure diminuant les jours de crédit, sorte de jour de récupération, des cheminots.

Cette mesure avait été décidée en décembre dernier dans le cadre de l'augmentation de la productivité des travailleurs du rail. HR-Rail était alors passé en force en commission paritaire nationale, explique Isabelle Bertrand, permanente nationale de la CSC-Transcom.

La décision avait cependant fait l'objet d'un recours, toujours en cours, devant le Conseil d'État de la part du syndicat chrétien. La société ferroviaire chargée des ressources humaines a décidé de ne pas attendre une décision de cette juridiction pour diminuer les jours de crédit de son personnel, et cela, avec effet rétroactif au 1er janvier, selon la CGSP-Cheminots.

"HR-Rail entend désormais supprimer un à deux jours de crédit par agent, sans remettre à niveau les salaires", dénonce Isabelle Bertrand, permanente nationale du syndicat chrétien.

À Forest, où le mouvement s'est propagé durant la matinée de ce mercredi, l'assemblée des travailleurs a décidé de se rendre à pied vers le siège de HR-Rail, situé rue de France, près de la gare de Bruxelles-Midi.

La direction conteste la version des syndicats

Côté direction, on réfute l'argumentation syndicale en précisant que l'accord permettant de continuer à travailler 40 heures/semaine et calculant des jours de crédit pour compenser les 38 heures, puis 36 heures/semaine, ne s'est jamais accompagné d'une diminution salariale.

Pour la direction, la circulaire contestée vise seulement à réparer une anomalie dans l'interprétation dudit accord. Actuellement, un travailleur malade continue à promériter ses jours de crédit pendant son congé de maladie. Même chose pour les travailleurs en congés annuels. Ce qui, pour la direction, est anormal, puisque tant les jours de congés de maladie/circonstance que les jours de congés annuels sont comptabilisés à raison d'une semaine de 36 heures.

Du point de vue de la direction, cette "correction d'anomalie" ne nécessite pas un accord formel en comité d'entreprise et ne justifie pas non plus un recours au Conseil d'État. D'où la volonté de HR-Rail de faire entrer en vigueur immédiatement la mesure contestée.

Une assemblée est prévue à Liège 

À Liège, une assemblée est prévue devant la gare des Guillemins. "La direction a mis fin a la concertation, elle a voulu passer en force, voilà le résultat", nous a expliqué Laurent Brock, de la CGSP cheminots Liège.

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