Charleroi: 250 policiers rendent hommage à leurs collègues attaquées samedi

Ce mardi à 10 h, environ 250 policiers se sont retrouvés devant l'hôtel de Police de Charleroi. Venus de plusieurs zones (Charleroi, Germinalt, Brunau, Flowal, Anderlues-Binche, et Mons-Quevy), en uniforme ou en civil, ils ont rendu hommage au courage de leurs trois collègues impliquées dans l'attaque à la machette de samedi. La veille, une délégation de policiers bruxellois étaient venus soutenir leurs collègues carolorégiens.

"Un sentiment de tristesse et de rage"

Les policiers ont respecté une minute de silence au garde-à-vous, ceux qui le souhaitaient ont ensuite inscrit un mot dans le registre installé à l'entrée pour leurs collègues encore hospitalisées. Sur des affichettes, on pouvait lire "Nous ne sommes pas des cibles" ou "Je suis Charleroi 06.08.2016".

Les policiers, toujours très choqués, ont ensuite, symboliquement, pris la direction de l'hôtel de ville de Charleroi. Une inspectrice principale au service interventions de la police de Charleroi a confié son état d'esprit: "Un sentiment de tristesse et de rage. On a deux collègues qui sont tombés au sol, fortement blessées. Aujourd’hui on a voulu leur apporter notre soutien par ce rassemblement. Plusieurs zones de police se sont jointes à nous pour faire savoir à nos collègues qu’on était tous derrière elles. C’est émouvant. On va juste prendre conscience qu’on a un métier dangereux, que cela peut arriver à n’importe quel moment, dans n’importe quelle situation".

"Main dans la main"

Le procureur du Roi de Charleroi, Pierre Magnien était également présent ce mardi : "J’étais à l’étranger quand j’ai appris ce qui se passait ici, j’ai immédiatement tenu à marquer par un geste ma solidarité avec ce qui est arrivé à la police de Charleroi. Ce sont nos voisins, nous travaillons en permanence, main dans la main, avec la police de Charleroi. On est évidemment dans le même camp et ce qui les frappe nous a perturbé profondément". Les policiers présents se plaignent d’un manque de moyens : "Nous dénonçons ce manque de moyens depuis longtemps, il est réel. Je tiens à rappeler qu’il y a des problèmes de moyens dans la police. Ils existent aussi au niveau du parquet, que ce soit au niveau administratif ou au niveau judiciaire. Mais je ne sais pas qui cela émeut" a ajouté Pierre Magnien.

L'état de santé des deux policières blessées est bon. L'une d'elle a été transférée dans un hôpital bruxellois pour une nouvelle opération. La troisième, celle qui a maitrisé l'agresseur, est présente ce mardi à la visite du roi Philippe à Charleroi.