Chantier participatif à Tournai: "moins cher pour les bâtisseurs, enrichissant pour les volontaires"

Un chantier participatif: moins cher pour les bâtisseurs, enrichissant pour les volontaires.
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Un chantier participatif: moins cher pour les bâtisseurs, enrichissant pour les volontaires. - © P.W. - RTBF

"Là, je vais faire une mesure en miroir. C’est quelque chose que j’ai appris ici. Je n’avais jamais fait cela avant". Jean-Michel s’applique sur deux planches en bois. Il participe avec sept autres volontaires au chantier organisé par sa fille Diane et son mari Edouard. Il s’agit de construire une maison en ossature bois avec une isolation paille. "En fait, on voulait ouvrir notre chantier aux extérieurs. Mais avant qu’on ne publie notre annonce sur le réseau des chantiers participatifs, nos amis, voisins et familles avaient déjà rempli les cases disponibles."

Il faut dire que les places sont limitées. "S’il y a trop de monde, on est moins efficace". Deux charpentiers liégeois supervisent l’équipe de bénévoles. "C’est la première fois qu’on teste la formule et ça nous plaît", explique l’un des deux frères, Nicolas Dewert. "D’habitude, c’est plus physique car on ne travaille qu'à deux. Ici, on est davantage dans la formation. On donne des instructions à gauche à droite, on explique les choses…" Et que pense-t-il du niveau de la troupe ? "Ils apprennent vite. Ils sont motivés. Ça fonctionne bien."

Ecoutez notre reportage audio sur ce chantier :

Travailler dans un climat de confiance

Sarah est une autre volontaire. Elle est en formation "isolation" au Forem et c’est dans ce cadre qu’elle est arrivée sur ce chantier. "Comme les volontaires ne sont pas tous expérimentés en construction, les explications sont basiques, faciles à comprendre. On est en confiance pour se lancer sans pression."

Avant de devenir bâtisseuse accueillante, Diane a elle-même été volontaire cet été. "Nous sommes partis sur un chantier similaire au nôtre avec une isolation en ballots de paille. Ça permet de tester la technique, d’échanger les savoirs et de voir ce qui marche bien ou moins bien avant de préparer notre propre chantier."

Une fameuse économie

L’avantage de la formule participative est aussi économique. "Si on avait construit en préfabriqué et qu’on l’avait monté nous-mêmes, ça nous aurait coûté 25.000 euros de plus. Et si une entreprise avant monté l’ossature comme on le fait ici ensemble, la différence aurait pu monter à 50.000 euros." En bref, les chantiers participatifs, c'est "moins cher pour les bâtisseurs et enrichissant pour les volontaires".

Outre les apprentissages, les participants à la première semaine soulignent l’ambiance de cette expérience, la convivialité des repas offerts par les propriétaires et la fierté ressentie devant le travail accompli. "Le moment où l’on a hissé les troncs de mélèze, c’était épique", sourit Diane. Même si le chantier tournaisien avance bien, les deux semaines prévues pourraient ne pas suffire. Une troisième semaine de chantier devrait être organisée pour finir le travail avec la possibilité pour des nouveaux volontaires d’y participer.

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