Ces piscines qui coûtent beaucoup d'argent à nos communes

La piscine de Boussu est fermée au public pour raisons de sécurité. Sa rénovation coûtera cher à la commune.
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La piscine de Boussu est fermée au public pour raisons de sécurité. Sa rénovation coûtera cher à la commune. - © RTBF

Sur la porte d’entrée de la piscine communale de Boussu, une feuille A4 annonce la fermeture. Depuis le 17 juin, il n’est plus possible de plonger dans le bassin. C’est devenu trop dangereux. "Du carrelage a sauté, des margelles aussi, il a fallu retirer l’échelle, nous montre Vincent Dubray, responsable technique de la Commune de Boussu. Au fond du bassin, de la peinture s’écaille et ça pourrait provoquer des coupures aux nageurs."

Avant de rouvrir la piscine au public, une grosse rénovation s’impose, mais le collège communal avance prudemment. Une société sera d’abord mandatée pour un diagnostic complet de l’état de la piscine avant d’entreprendre quoi que ce soit. "On s’attend à ce qu'une rénovation coûte un million, un million et demi au bas mot", glisse le directeur général Philippe Bouchez. Et le pouvoir communal n’est pas tout à fait sûr d’avoir les reins assez solides.

Boussu n'est pas la seule commune à connaître des déboires avec sa piscine. En décembre dernier, Lessines a fermé la sienne trop vétuste. Quaregnon termine cet été une longue rénovation de sa piscine. Coût de l’opération : 2 millions.

Au quotidien aussi, les piscines coûtent pas mal d’argent public. Le déficit de la piscine de Boussu avoisine les 400 mille euros par an. Rien d'exceptionnel puisque que dans une ville comme Tournai le coût des deux piscines communales avoisinait les 1,2 millions d'euros en 2017. Le prix payé à l’entrée par le nageur ne suffit pas pour compenser les coûts énergétiques et les coûts liés au personnel. Investir dans la piscine est donc un choix politique de service à la population.

A Mons, un partenariat public-privé pour réduire les coûts

Pour réduire les coûts, la solution serait-elle un partenariat public-privé ? Mons a tenté l’expérience pour sa piscine du Grand-Large. Sans regret pour l’échevin Maxime Pourtois (PS) : "Cela nous a permis de proposer une offre différente, dit-il. A Cuesmes, il y a toujours une piscine communale classique pour les nageurs. Celle du Lago au Grand-Large est gérée par le privé, cela permet de proposer d’autres services : un espace bien-être et un autre avec des toboggans. Le but du partenariat public-privé, c’est d’offrir un service de qualité à la population tout en enlevant la complexité de la gestion à la Ville. Nous travaillons avec un opérateur dont la gestion des piscines est le métier. Ça nous permet de rationaliser et maximiser l’utilisation du bâtiment."

Reste que 8 ans après l’ouverture de la piscine, le gestionnaire privé n’a pas encore atteint la rentabilité. Une situation qui n’inquiète pas le directeur Eric Rousseau : "Il faut du temps pour comprendre comment va fonctionner la piscine, indique-t-il. La fréquentation est excellente pour l’instant. Nous avons fait de nouveaux investissements fin de l’année dernière pour attirer plus de public. Je pense que notre attractivité peut maintenant nous permettre d’atteindre la rentabilité."

Pour y arriver, l’objectif est clair : passer de 350 mille à 400 mille entrées annuelles, en accueillant un public prêt à dépenser quelques euros de plus pour accéder à la partie "ludique" de la piscine.

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