Mons : "Ces 30 ordinateurs ne suffiront pas à réduire la fracture numérique"

"Ces 30 ordinateurs ne suffiront pas à réduire la fracture numérique"
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"Ces 30 ordinateurs ne suffiront pas à réduire la fracture numérique" - © Tous droits réservés

A l'heure du COVID et de l'enseignement à distance, faire des études ou suivre une formation sans un ordinateur performant est quasi mission impossible. Pour réduire ce que l'on appelle "la fracture numérique", la Wallonie a débloqué quatre millions d'euros. Parmi les heureux bénéficiaires, l'asbl  "Droit et Devoir" à Mons. Le centre d'insertion socio-professionnelle a reçu 22.000 euros. Une enveloppe qui lui permis d'acheter trente ordinateurs portables.

Melissa vient de recevoir l'un des 30 ordinateurs achetés grâce aux subsides wallons. La stagiaire de 32 ans est ici pour apprendre à assembler et réparer des ordinateurs. A l'issue de sa formation de 18 moiss, elle espère quitter le monde du chômage et trouver rapidement du travail. Or, avec l'ordinateur qu'elle a à la maison, suivre les cours à distance s'avère très compliqué. "Vaut mieux avoir une connexion Internet stable et pour cela rien de tel qu'un câble Ethernet. Malheureusement, sur mon PC portable à moi, je n'ai pas de port Ethernet", confie la stagiaire. "En plus, le PC que j'ai reçu à prêter, a tous les programmes dont j'ai besoin. Je ne dois rien installer." 

Certains étudiants n'ont même pas de connexion Internet!

Mais prêter des ordinateurs ne règle pas tous les problèmes. "Certains étudiants n'ont pas les moyens de se payer une connexion Internet", explique Mouâad Et-Tayfi, formateur à l'asbl "Droit et Devoir". "En janvier, j'ai du refuser un groupe de quinze personnes car elles n'avaient ni ordinateur, ni de connexion Internet", déplore l'enseignant. Pour lui, il est indispensable de nouer des partenariat avec elles opérateurs afin de bénéficier de tarifs sociaux.

"C'est un problème bien plus complexe qu'il n'y parait", surenchérit Bouchaib Samawi, directeur du centre d'insertion socio-professionnelle. "Certains stagiaires n'ont pas une pièce pour travailler au calme. Je pense notamment à un de nos étudiants qui est sans domicile fixe, ou à une autre qui vit dans un tout petit studio avec ses quatre enfants. Même si on leur fournit un ordinateur, cela ne suffira pas. Comment étudier dans de telles conditions?", s'interroge le directeur.

Ces quelques ordinateurs portables permettront donc de soulager certains stagiaires mais ils ne suffiront pas à gommer toutes les inégalités et à supprimer la fracture numérique.

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