Caterpillar Gosselies, un mois après l'annonce de la fermeture

C'est le 2 septembre dernier que la multinationale américaine Caterpillar annonçait la fermeture de son site de Gosselies (Charleroi). Un choc pour toute la région et, surtout, pour les 2 200 travailleurs du site et tous les sous-traitants.

Un mois après, il était intéressant de retourner sur le site pour voir comment les travailleurs ont vécu ce mois de septembre, quel est leur état d’esprit et, aussi, comment ils envisagent les prochaines semaines.

Damien Rovinelli travaille depuis une dizaine d'année chez Caterpillar et il se remet difficilement du choc : "Ca a été assez pénible. Parce qu’il y a eu tout un afflux d’émotion qui s’est accumulé. Ces quelques dernières semaines nous ont permis quand même de laisser décanter certaines émotions, certaines incompréhensions même si on ressent toujours cette injustice quoi. "  

Comme Damien Rovinelli, des milliers de travailleurs vivent mal ces moments difficiles. Ivan Del Percio, président FGTB de la délégation syndicale en est le témoin quotidien : " Il y a un peu de tout et chacun réagit différemment. Ce qu’on ressent toutefois chez les travailleurs c’est qu’en tous cas il y a une colère qui gronde sur l’attitude de la direction et sur l’impuissance politique aussi : comment on peut laisser faire ce genre de choses. "

Et dans ce contexte émotionnel, communiquer sur ce qui se passe, dans la phase d'information de la procédure est très important. Et tous les travailleurs de Gosselies sont conscients que cette phase de négociation, ce bras de fer, risque de durer de très longs mois.

Et chez les sous-traitants ?

Manolo est délégué CSC chez Yusen Logistics, l’un des principaux sous-traitants de Caterpillar. Avec ses collègues, il vit dans l’incertitude depuis un mois et ne sait pas encore si lui aussi va être emporté par la vague Caterpillar: “On le vit très mal car nous, en tant que sous-traitant, on est encore pire derrière tout ça. L’impact des 2 200 personnes, il n’y a pas que ça. A l’heure actuelle, tout ce qui est petite société de peinture, de transport ou de logistique ont commencé à lancer leurs préavis. "

L’enjeu aujourd’hui reste d’évaluer l’impact réel de la fermeture de Caterpillar. Si les sous-traitants de première ligne sont connus, ce n’est pas le cas pour les sous-traitants de ces sous-traitants. La Région wallonne essaie d’établir une liste précise avec l’aide de l’AWEX, l’Agence Wallonne pour l’Exportation.

Combien seront-ils au final à payer le prix de la fermeture de Caterpillar Belgium ? Et que pourront faire les pouvoirs publics pour les aider ? Ces questions restent, à l’heure actuelle, sans réponses.

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