Casterman Printing à Tournai : 5 travailleurs repris par un groupe néerlandais

Casterman Printing repris par un groupe néerlandais
Casterman Printing repris par un groupe néerlandais - © Google Maps

Le tribunal de commerce de Tournai a donné son feu vert, ce matin, à l'offre de reprise de la société Casterman Printing, située Quai Donat Casterman à Tournai. Le groupe néerlandais Emiel De Jong rachète la seule rotative qui reste sur le site. Il reprend également une partie du personnel, mais une petite partie : 5 travailleurs seulement. De source syndicale, on évoque par ailleurs un "pool" d'une vingtaine d'intérimaires, auxquels la société De Jong pourrait faire appel en fonction de son carnet de commandes.

Une imprimerie mondialement connue

C'est donc la fin, ou presque, d'une longue histoire qui débute à la fin du XVIIIe siècle. En 1776, Donat Casterman s'installe comme libraire-relieur à Tournai, avant de se lancer dans l'édition et l'imprimerie.

Dans le courant du XXe siècle, la société Casterman prend de l'ampleur et se fait connaître dans le monde entier. Dès 1934, elle publie les aventures de Tintin, puis, plus tard, celles de Martine, la petite fille dessinée par le Mouscronnois Marcel Marlier. Casterman imprime aussi une grande quantité d'annuaires téléphoniques.

Dans les années '60, plus de 800 personnes travaillent dans l'imprimerie tournaisienne. "Il y avait beaucoup de monde", se souvient Stéphane Romont qui a passé pendant près de 20 ans chez Casterman. "Les machines étaient très imposantes. On avait un côté axé "reliure" et un côté axé "brochage", là où la machine fabriquait les bottins. C'était par millions..."

La faillite de 2002

Fin des années '90, le département "édition" est repris par Flammarion. Pour l'imprimerie, c'est le début du déclin. En 2002, la société fait faillite. "Le 28 juin, si je me souviens bien, je travaillais la nuit", raconte Stéphane Romont. "Mon chef d'atelier m'a appelé pour m'annoncer la faillite. Ça a été le choc, ça a été dur pour tout le monde, je pense. On ne s'attendait pas à ça." 

L'imprimerie est finalement rachetée. La société Evadix reprend une centaine de travailleurs sur les 350 que comptait l'entreprise avant la faillite. Casterman devient Casterman Printing, mais elle ne sortira jamais des difficultés financières.

"Il y a des imprimeries, pas très grosses, qui ont choisi une niche, qui ont su surfer sur la vague du modernisme", analyse Michel Dorchies, secrétaire fédéral CSC Wallonie picarde. "Je félicite ces entreprises qui ont fait les bons choix. Malheureusement, Casterman n'a pas su faire ces choix-là, à l'époque. Depuis lors, on vogue de galère en galère."

Aujourd'hui, il ne subsistera donc plus que 5 travailleurs au sein de l'imprimerie. Casterman Printing est quasi devenue une coquille vide.
 

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