CAP 48: devenir fromager malgré le handicap

CAP 48 : la fromagerie du bois Roussel va pouvoir s'agrandir
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CAP 48 : la fromagerie du bois Roussel va pouvoir s'agrandir - © Tous droits réservés

Comme chaque année, plusieurs projets d'accompagnement des personnes handicapées vont bénéficier des dons récoltés par CAP 48. Cette année, ce sera notamment le cas du Bois Roussel: un centre d’accueil de jour pour adultes situé à Montigny-le-tilleul, près de Charleroi. Vingt-quatre personnes avec un handicap mental ou des troubles autistiques y sont accueillies chaque jour. Diverses activités sont proposées aux résidents et notamment le travail au sein d'une véritable fromagerie. L'équipement nécessaire avait déjà pu être acheté au moment de sa création avec des dons de CAP 48 et de nouveaux fonds vont bientôt permettre d'agrandir les locaux.

Très appréciés des habitants du quartier qui les achètent au magasin, et même de l'Abbaye d'Aulne toute proche qui se fournit aussi en partie au Bois Roussel, leurs fromages permettent aux résidents de prouver leur savoir-faire et d'établir un lien valorisant avec l'extérieur. Pour beaucoup, le travail de fromager a été l'occasion de se dépasser et de s'intégrer durablement à un groupe désormais très soudé. Portrait de quatre d'entre eux.

Benoit, 39 ans

Habitué du Bois Roussel depuis déjà 16 ans, Benoit fait presque partie des meubles à l’Institut. D’un naturel plutôt bohème et rêveur, il est l’éternel distrait qu’il faut rappeler à l’ordre lors de la fabrication du fromage. Lors de notre visite, il est arrivé un peu en retard car il s’est baladé tranquillement sur la place de Montigny-le-Tilleul après être descendu du bus qu’il prend seul chaque matin pour se rendre à la fromagerie.

Mais c’est aussi un esprit créatif à qui on a confié la délicate mission de choisir l’appellation de l'un des fromages vendus au magasin de Montigny-le-Tilleul. Aujourd’hui, il peut poser avec son fromage estampillé "Petite souris ", le nom qu’il a choisi : "J'y ai pensé comme ça et tout le monde était d'accord" se souvient-il. "C'est le fromage de tout le monde mais aussi un peu mon fromage" ajoute-t-il pas peu fier. Un nom et une image qui sont rapidement devenus une des marques phares de la fromagerie du Bois Roussel.

Fiona, 27 ans

Durant les sept années que Fiona a déjà passé au Bois Roussel, elle s’est toujours montrée travailleuse et désireuse d’apprendre. À tel point, qu’elle a aujourd’hui dépassé les attentes de ses éducateurs. Lorsqu’il a fallu trouver des volontaires pour tenir la caisse du magasin de fromages, sa candidature n’était pas une évidence car il fallait forcément une personne capable de compter : "quelqu’un qui a suivi des cours spécialisés étant plus jeune peut y arriver mais ce n’était pas son cas" raconte Jean-Marie Grimard, le directeur du Bois Roussel. "Mais à force de travail et de volonté, elle se débrouille très bien maintenant et c’est une formidable victoire pour nous tous" ajoute-t-il. De longues heures ont été nécessaires pour apprendre à reconnaître les pièces, les billets et leurs valeurs respectives mais aujourd’hui Fiona ne quitterait pour rien au monde ce poste qui la met en contact direct avec les clients.

Sébastien, 26 ans

De son propre aveu, Sébastien a beaucoup changé depuis son arrivée au Bois Roussel: "Moi ça fait sept ans que je suis ici et je suis vraiment bien. Quand je suis rentré au début j’ai eu du mal mais maintenant, le Bois Roussel c’est le centre parfait pour moi, je le dis clairement" reconnait-il volontiers. Très impliqué au sein de la fromagerie, Sébastien prend maintenant son travail très à cœur : "C’est mon job que j’aime. Avec tous les collègues que j'ai et l’éducatrice qui est avec, j'aime venir ici" nous explique-t-il. Plutôt enjoué et agité d'habitude, il nous avoue à demi-mot que son travail lui a appris à se maitriser : "Il faut être très très patient, quand on arrive le matin il faut être très calme, toujours très calme" insiste-t-il.

Anaïs, 22ans

Anaïs est la dernière arrivée au Bois Roussel : "Je suis là depuis le premier février donc c'est nouveau tout ça" nous avoue-t-elle lors d'un aparté à la fromagerie. Toujours souriante, Anaïs a vite conquis le cœur du reste du groupe avec ses petites blagues et sa motivation. Pourtant, la petite nouvelle pourrait bien être aussi la prochaine à quitter l'institution: "Nous réfléchissons actuellement à lui trouver un logement à elle, où elle serait encore plus autonome" nous explique Jean-Marie Grimard, le directeur du Bois Roussel.

"Après ces quelques mois passés parmi nous, nous nous sommes rendus compte qu'Anaïs n'était peut-être pas tout à fait à sa place ici dans ce sens qu'elle est capable de se prendre en main seule. Dans ces cas-là, nous avons une assistante sociale qui fait un énorme travail de recherche pour trouver d'autres solutions plus adaptées" continue-t-il. Preuve qu'il existe de très nombreuses gradations dans le handicap et que chaque personnalité est différente. Des différences avec lesquelles les éducateurs tentent de composer chaque jour, en respectant les besoins de chacun.

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