C'est le jour du crossage à l'tonne à Wiers, Chièvres, Basècles, Blaton...

Le crossage à Blaton
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Le crossage à Blaton - © Stéphanie Vandreck

Au lendemain du mardi gras, à l’heure ou beaucoup se remettent de l’énergie déployée lors des différentes étapes du carnaval, d’autres prennent le relais pour s’adonner à une autre tradition, ancrée, elle, au cœur de la Wallonie Picarde, le crossage.

Le crossage à l’tonne est un jeu qui se pratique dans nombre de communes du Hainaut Occidental comme à Vaudignies, Chièvres, Harchies, Quevaucamps, Péruwelz, Wiers, Pipaix, Basècles ou encore Blaton.

Des retrouvailles

Blaton où nous nous sommes posés cette année pour connaître les motivations des adeptes de cette pratique ancestrale "l’amusement et les retrouvailles, reprennent en chœur les membres d’une des équipes, au crossage on retrouve des amis qu’on ne voit qu’une fois l’an et c’est aujourd’hui".

Le principe du jeu n’est pas compliqué: les joueurs doivent frapper une balle en bois, appelée chôlette, à l’aide d’une crosse pour atteindre leur objectif qui est un fût de bière vide appelé "tonne". Les fûts sont disposés en face de chaque café et l’équipe perdante paye une tournée à l’équipe gagnante.

Treize équipes pour cette édition 2017 à Blaton

La pratique est un peu plus compliquée à saisir "Chaque fois qu’on démarre de quelque part, on doit miser, explique Jean-François, un des participants, on démarre à 20 ou à 19 et c’est chaque fois le déchôlage, ça veut dire que l’équipe qui dit par exemple quatre, c’est quatre déchôlages. L’équipe qui ne déchôle pas tape trois fois puis on déchôle une fois dans l’autre sens. On fait le circuit que l’on veut, on démarre à l’heure qu’on veut et on termine à l’heure qu’on veut mais c’est chaque fois un objectif à atteindre par exemple si on dit trois déchôlages, la première équipe tape trois fois puis on déchôle une fois, puis on retape encore trois fois, puis on redéchôle encore une fois, puis ils retapent trois fois, on redéchôle encore une fois et ils retapent encore trois fois et si l’objectif pour l’équipe n’est pas atteint et bien c’est l’équipe adverse qui prend le point ".

Si le jeu a toujours ses adeptes, il est confronté à un phénomène de plus en plus problématique: la fermeture des petits bistrots de village "avant j’ai connu jusqu’à 24, 27 cafés dans le village, raconte cet ancien, aujourd’hui il n’y en a plus que six ou sept et dans ces six ou sept seuls deux ou trois restent ouverts. Heureusement, il y a les petites buvettes ouvertes par les particuliers, cela permet de perpétuer cet amusement mais sans eux ce serait la disparition de cette pratique".

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