Brugelette: éleveur de moutons depuis plus de 40 ans, par passion

Francis Legros nourrit ses moutons et se prépare à les mettre en prairie
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Francis Legros nourrit ses moutons et se prépare à les mettre en prairie - © Marie-Anne Brilot

Retraité de l’enseignement, Francis Legros se consacre à sa véritable passion aujourd’hui à Gages, près d'Ath. Son élevage compte 35 brebis, quelques moutons et béliers reproducteurs. Un agneau est venu gonfler ce petit troupeau, il y a quelques jours seulement. "On ne vit pas ou très peu de ce type d’élevage en Hainaut", nous explique d’emblée Francis Legros. "Le mouton n’est pas rentable, les terres coûtent très cher dans notre région, à l’achat et à la location. Si vous allez dans la région de Ciney, vous rencontrerez beaucoup plus d’éleveurs car les prairies sont meilleur marché". C’est donc de l’élevage souvent artisanal. "Pour avoir un salaire, il faut minimum 500 brebis", poursuit l’éleveur qui s’est spécialisé dans le mouton de race et la production de viande.

Des races et de la viande pour tous les goûts 

"Si vous prenez le Texel hollandais, c’est une viande très maigre, mais qui a parfois l’inconvénient d’être un peu sèche, vous avez aussi le Hampshire, c’est une viande persillée avec un très fin filet de gras entre les morceaux. Cette viande est beaucoup plus goûteuse. Il faut aussi parler d’une race belge, le Roux des Ardennes, une viande qui a le goût de…gibier. C’était un choix de me diversifier car les agneaux naissent à des époques différentes. Avec les Hampshire, je peux avoir des agneaux de Pâques". Le combat de Francis, comme d’autres éleveurs, c’est de proposer une viande artisanale, nourrie en circuit court et contrer ainsi les grandes surfaces et leur agneau importé. "On vous vend de la viande dite fraîche, c’est vrai car elle n’a pas été congelée mais elle était sous vide et on peut les garder 16 semaines dans ces conditions tout en étant toujours considérée comme de la viande fraîche." Sans surprise, le ton de Francis Legros se fait plus ferme quand il dénonce cette pratique. 

Redécouvrir l'agneau wallon

 

Près de 90% de la viande d’agneau consommée en Belgique est importée, majoritairement de Nouvelle Zélande, d’Australie, mais aussi du Royaume-Uni et de France. "Je crois qu’il faut aller à tout prix chez un artisan boucher qui vous assurera que la viande qu’il vous vend est élevée chez nous". A quelques jours de Pâques, ça bêle plutôt bien et le boulot ne manque pas. Francis Legros conduit lui-même ses bêtes chez des bouchers de la région, la plupart d'entre eux disposent d’un abattoir agréé par l’AFSCA, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire. Francis Legros le constate, "l’élevage de moutons semble s’essouffler. Forcément, quand on se lance dans cette activité, plus question de partir en vacances! Le bien-être de l’animal avant tout. Et surtout un éleveur doit bien connaître ses bête et leur accorder beaucoup d’attention car tout changement de comportement peut signifier qu’il y a un problème."

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