Boussu: dégradations, vols, le quartier de la Sentinelle est-il livré à lui-même?

Les habitants du quartier Sentinelle disent être obligés de masquer leurs fenêtres de panneaux de bois pour éviter les bris de vitres ou les intrusions
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Les habitants du quartier Sentinelle disent être obligés de masquer leurs fenêtres de panneaux de bois pour éviter les bris de vitres ou les intrusions - © Vinciane Votron

Que se passe-t-il dans les quartiers de cette cité de Boussu? Des faits multiples et répétés suffisamment marquants pour que des habitants inquiets appellent  la Police et suffisamment importants  pour que le quartier en question fasse l’objet d’une opération policière ce week-end.

Nous sommes à Boussu dans une cité de logements sociaux gérée par la société BHP logements Hornu. Située à proximité du site de Warquignies du CHR Mons-Hainaut, cette cité est divisée en plusieurs quartiers: quartier de la Haute Borne, quartier de Robertmont, quartier de l’Autreppe et, celui qui nous concerne plus spécialement aujourd’hui, le quartier de Sentinelle.

Une coexistence difficile

Jets de cailloux, insultes, sacs poubelles abandonnés, vols, …, voilà les quelques mots qui reviennent le plus souvent dans la bouche des locataires qui se plaignent de la situation qu’ils vivent au quotidien "c’est de l’insécurité tout le temps, il y a de petits voyous qui viennent s’installer au cœur de la cité pour harceler le voisinage ou fumer des joints. Moi j’ai eu ma façade taguée, on est venu voler du matériel dans mon petit abri de jardin".

Le soir apparemment, la température monte, des jeunes se réunissent et font du rodéo en voitures ou en mobylettes en effectuant des passages incessants. "Ici c’est une cité pour personnes âgés mais, si vous regardez bien, des personnes âgées, il n’y en a plus tellement. On met ici des locataires plus jeunes en attente, l’attente perdure et finalement ils restent ici ".

Jets de pierres et bris de vitres

"Nous, on nous a déjà lancé des pierres ramassées sur le ravel, explique cette dame âgée, de grosses pierres de chemin de fer qui ont été projetées sur la toiture et qui ont brisé des tuiles, j’ai appelé la police mais ils ne savent rien faire. Alors comme nous sommes toujours dans la crainte de ce qui va se passer, pour éviter les agressions ou les vols, quand nous allons nous coucher, nous plaçons des panneaux en bois contre les vitres".

Les jeunes rencontrés au cœur du quartier ne nient pas les accusations portées contre eux "oui, il y a des tags, les jeunes aiment bien dessiner et il n’y a pas de truc d’art ici, pour eux, ce sont les tags, alors ils les font sur le mur" explique ce premier. "On peut se retrouver à vingt comme à cinquante, ici on se connaît presque tous, alors on se rassemble, maintenant c’est vrai on ne fait pas fort attention au voisinage" admet un autre.

Très vite la conversation tourne autour du nœud du problème, le désœuvrement et le manque de perspectives "ici, dans la cité, il y avait au moins un terrain de foot, ils l’ont supprimé l’année passée. Or c’était notre lieu de rendez-vous, on pouvait s’y retrouver et jouer au foot maintenant il n’y a plus rien à faire donc c’est clair, on se fait chier (sic)".

La Police est au courant

"Nous sommes confrontés depuis quelques temps à des dégradations, concède le commissaire Stéphane Verschueren, de la Police Boraine, dégradations de fenêtres et de portes, des incendies de poubelles, des sacs éventrés sur la voie publique qui provoquent une entrave à la circulation. Le sentiment d’insécurité a sans doute été exacerbé par les six faits de cette nature qui se sont produits rien que dans la nuit de jeudi à vendredi dernier".

Ce week-end, la Police a enfoncé le clou en menant une opération "Cité sûre" dans le quartier Sentinelle.

Quand on parle de cette problématique à Jean-Claude Debieve (PS), le bourgmestre de la commune, il précise qu’il en est conscient et qu’il attend une plus grande présence sur le terrain de ses éducateurs de rue. La population de la cité désire sans doute plus. Au-delà du cadre humain indispensable pour les jeunes, les habitants de cette cité attendent autre chose dans ce périmètre refermé sur lui-même, comme des investissements et une attention pour améliorer leur cadre de vie. Le bourgmestre rappelle toutefois que l'Agora Space avait été installé à la demande des jeunes du quartier, mais force est de constater qu'après quelques années, les installations étaient complètement détruites. Elles présentaient un réel danger pour les habitants du quartier, le collège communal a du coup décidé de les retirer. 

La cité oubliée

Plusieurs habitants parlent du quartier de Sentinelle, ce secteur des pensionnés, comme d’une cité oubliée. "En hiver ici, on ne vient pas jeter du sel, les arbres ne sont pas taillés quand il faut, la société qui ramasse les immondices ne passent qu’une fois tous les quinze jours, alors qu’on paye notre redevance comme tout le monde. Dans les autres cités, les habitants bénéficient de double vitrage, ici on n’a toujours rien fait c’est toujours du simple vitrage avec les conséquences sur notre facture de chauffage".

 

 

 

 

 

 

 

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