Au Carnaval de Binche: l'aubade matinale des Gilles

Les Gilles doivent enfiler leur costume avant qu'ils ne soient "bourrés" de paille
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Les Gilles doivent enfiler leur costume avant qu'ils ne soient "bourrés" de paille - © Tous droits réservés

Mardi gras est arrivé, c'est le jour le plus important de l'année à Binche. Les Gilles défilent dans les rues de la ville, mais avant d'entamer leur parade, ceux-ci doivent d'abord se préparer.

Les hommes doivent enfiler leur costume avant qu'ils ne soient "bourrés" de paille pour leur donner cet aspect bossu. "Il faut compter 3 quarts d'heure par Gilles", explique Jean-Philippe Bailly, de la société des Indépendants. Clou du spectacle, le chapeau des Gilles, lourd d'environ 3 kilos - parfois jusqu'à cinq kilos - et fait de véritables plumes d'autruche, qu'ils porteront tout au long de la journée.

Le son des cloches et les tambours peuvent alors résonner dehors. Première étape de la parade : la Tour de la Sorcière, où se rejoignent les 14 différentes sociétés de Gilles, "spécialement transformée en bar à champagne", comme l'explique le trésorier de la société des Hallebardiers.

Après son aubade matinale, la grande famille des Gilles - composée d'environ un millier d'entre eux - pourra prendre son déjeuner, traditionnellement composé d'huîtres d'Oléron et de champagne. Tous ne mangent cependant pas ce plat, certains y préfèrent le saumon ou d'autres mets fins.

Revivez le parcours matinal des Gilles jusqu'à la Tour de la Sorcière :

Si l'alcool s'invite à la fête, pas question pour l'un d'entre eux de boire le verre de trop, "il serait vite rappelé à l'ordre", explique Jean-Philippe Bailly, qui ne mettra pas fin à sa tournée minérale malgré le carnaval.

L'ambiance de Binche ne peut se retrouver qu'à Binche, les rues et les remparts participent au décor, "les Gilles ont quitté Binche une fois en 1958, Charles Deliège était bourgmestre, on ne sait pas reconstituer l'ambiance de Binche. On les a mis dans un coin avec d'autres représentations de la Belgique. Les Gilles n'étaient pas contents et le bourgmestre a donc mis fin au départ des Gilles hors de Binche".

Les Gilles apprécient particulièrement les passages étroits, les rues pavées et les murailles, où ils peuvent pleinement profiter du son des tambours qui résonnent.

Le bon Dieu est Binchou

Les chapeaux ne sont pas faciles à porter, non pas à cause de leur poids, mais surtout à cause du vent. C'est pourquoi ils sont accompagnés de porteurs de chapeau. "Un bon Gilles tient le chapeau toute l'après-midi", explique le frère de Jean-Philippe et lui-même porteur de chapeau, lui-même Gilles pendant 44 ans.

Reportage tourné tôt ce matin à Binche (JT 13h):

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