Ath: des séances de pleine conscience dès les classes maternelles

Ath: des séances de pleine conscience dès les classes maternelles
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Ath: des séances de pleine conscience dès les classes maternelles - © C Legrand

C'est un projet pilote, testé depuis quelques semaines à l'école du Pré Vert. Le mercredi matin, les petits élèves ont rendez-vous avec une instructrice en pleine conscience. Pendant huit semaines, elle va leur apprendre quelques techniques pour explorer leurs sensations, leurs émotions. Quelques rituels pour se mettre dans sa bulle et vivre pleinement l'instant présent.  

9h30. Classe de Madame Fabienne. Les enfants se sont réunis autour de Marie Lesire. Ils la connaissent bien, maintenant, "c'est la madame de la pleine conscience!".

Marie a derrière elle une longue expérience dans l'enseignement. "J'ai enseigné dans le Nord de la France, à des enfants de fin de primaires, puis des classes de maternelles". Il y a 2 ans, elle démissionne, reprend des cours de pleine conscience à l'ULB. La jeune femme se consacre désormais à cette nouvelle activité. "Au fil des séances, je rencontre des adultes, beaucoup d'enseignants notamment, mais aussi des enfants. Ils sont parfois très jeunes, comme ceux-ci". 

A 4 ou 5 ans, Zacharie, Lila, Arthur et les autres découvrent la pleine conscience depuis quelques semaines. "Aujourd'hui, nous allons parler de la respiration. Chaque séance a une thématique", nous explique Marie. Place aux exercices. "Je vous propose de faire la moustache! Mettez votre doigt juste en-dessous de votre nez. Vous allez respirer par le nez...Vous sentez l'air sur votre doigt?" Pas toujours simple de ne pas rigoler, ou se pousser du coude, mais les petits s'appliquent et confient assez rapidement leurs sensations. "C'est chaud, quand l'air ressort! Moi j'ai du mal à sentir, parce que je suis malade, mon nez est bouché" "Ce qui est déstabilisant pour eux", glisse Marie, "c'est qu'à l'école, généralement, on est dans une logique de "bien-pas bien". On pose une question, si la réponse est bonne, c'est ok, si ce n'est pas bon, c'est une erreur. Ici on n'attend pas d'eux qu'ils fassent quelque chose "bien ou mal". On n'est pas dans une activité intellectuelle. Il suffit d'observer ce qui se passe à l'intérieur de nous, tout simplement. Mon but est qu'ils soient à l'aise, et qu'ils puissent exprimer ce qui leur arrive, ce qu'ils ressentent". 

A la pause, nous interrogeons quelques petits écoliers. Ils apprécient, manifestement, "ah oui c'est bien rigolo, les exercices. On s'amuse bien!". Ils nous expliquent comment faire la fleur, la montagne. Certains s'entraînent même à la maison, avec papa ou maman. "Mon papa a des livres sur la pleine conscience!" "Moi je fais des exercices avec maman, parfois, le matin"

"De mon côté, deux fois par semaine environ, je refais des exercices avec eux", explique madame Fabienne. "Parfois individuellement, parfois en groupe, parfois parce qu'un enfant ne se sent pas bien. Ils ont chacun aussi un cahier de pleine de conscience, dans lequel ils peuvent dessiner, s'exprimer, et avec lequel ils peuvent partager ce qu'ils ont appris avec leurs parents, leurs frères et sœurs". 

 

Si l'initiative a pu être lancée à l'école du Pré Vert, c'est grâce à une ASBL, la Besace. Sa présidente, Florence Pottiez, est elle-même maman de deux petits élèves. "Au sein de l'asbl, nous nous sommes dits qu'offrir des cours de pleine conscience, dès le plus jeune âge, c'est permettre aux enfants d'être plus forts. Dans une société où tout va très vite, une société parfois très agressive aussi. Il suffit de voir le comportement de certains automobilistes au volant! Les enfants sont des éponges. Ils peuvent être submergés par leurs émotions, ou être envahis par la colère, vivre des situations difficiles à l'école. La pleine conscience peut les aider à prendre du recul, exprimer ce qu'ils ressentent. Quand on entend tous ces cas de harcèlement, en milieu scolaire, on ne peut pas s'empêcher de trouver cela tellement dommage! La pleine conscience peut être un levier, à notre avis, pour renforcer nos enfants. Ici maintenant, mais aussi plus tard, à la grande école, sur leur lieu de travail...C'est un acquis pour toute la vie". L'asbl La Besace finance pour l'instant toutes les séances organisées à l'école.

Archives : Journal télévisé du 02/04/2016

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