Assises Hainaut : un des accusés nerveux au procès du meurtre de Nicolas El Mjaidri à Lodelinsart

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Illustration - © Belga - David Stockman

Le procès de quatre jeunes Carolorégiens qui sont accusés d'un vol avec violence, avec plusieurs circonstances aggravantes dont celles d'avoir torturé et tué Nicolas El Mjaidri (24 ans), le 5 novembre 2016 à Charleroi, a débuté devant la cour d'assises du Hainaut, ce jeudi. Une fraude informatique dans le but de voler l'argent de la victime leur est aussi reprochée. Le procès est prévu pour sept jours.

Le 7 novembre 2016, la mère de Nicolas El Mjaidri signalait la disparition de son fils à la police. Elle n'avait plus de ses nouvelles depuis deux jours. Sa voiture, Renault Kangoo, avait également disparu.

Le 8 novembre 2016, le corps de la victime était retrouvé dans le hangar d'un site industriel désaffecté situé rue de la Station à Lodelinsart. Le corps est découvert au sol, recouvert d'une couverture et placé sous une planche. Les mains et les pieds sont attachés par des câbles électriques, tandis qu'autour du cou sont nouées une écharpe et par-dessus une sangle. Plusieurs flaques de sang se trouvent à proximité du corps dont la partie visible de la tête est également maculée de sang. Plusieurs empreintes de pieds sont relevées à proximité du corps.

Le 9 novembre 2016, la police de Charleroi est informée par un témoin qu'un certain Alexandre Devos (23 ans) a voulu lui vendre un véhicule de marque Renault Kangoo. Devos l'a contacté deux jours plus tôt, vers 22h00. Lors du rendez-vous, il lui a expliqué qu'il avait tué un homme avec un marteau et qu'il l'avait déposé dans un hangar à Lodelinsart. Alexandre Devos était accompagné de Jason Saume (23 ans) et de Martin Prince (23 ans), deux délinquants toxicomanes et accusés des mêmes crimes. Les trois hommes squattaient un immeuble à Dampremy. La Kangoo a été retrouvée à Couillet le même jour.

Le dernier accusé est Jean-Marie Demeure (22 ans), la dernière personne à avoir vu la victime vivante. Il a été privé de liberté, le mercredi 9 novembre 2016. Alexandre Devos a été interpellé le même jour. Les deux autres ont été arrêtés ensemble le vendredi 11 novembre 2016. Ils sont détenus depuis lors.

Alexandre Devos nerveux dans le box des accusés à l'audience

En cours de procès, dans la journée de jeudi, l'avocat général a informé la cour d'assises, sur base de sources policières, du fait que la tension montait entre les accusés lors de leur retour en cellules, Alexandre Devos se montrant assez virulent envers les autres accusés.

Mieux : Alexandre Devos s'est énervé devant la cour d'assises en fin d'après-midi quand le président lui a rappelé un antécédent judiciaire. L'accusé a alors dénoncé la volonté du président de le faire mal voir. L'homme avait en effet écopé de quatre ans de prison pour un vol avec violence commis deux ans avant le meurtre sur un SDF carolo qui est aujourd'hui tétraplégique.

En audience publique, Alexandre Devos s'est aussi énervé, une fois de plus, contre Jean-Marie Demeure en lui demandant de lui parler autrement. Il a ainsi démontré son caractère violent, un trouble des conduites et des traits de personnalité antisociale, mis en exergue par l'expertise psychiatrique. Celle-ci avait relevé une étroitesse émotionnelle chez Devos, lequel n'a raté aucune des images sordides diffusées lors de l'audience. Par contre, Jason Saume et Martin Prince n'ont pas regardé ces images, préférant regarder le sol avec leur tête coincée entre leurs mains.
 

L'un des auteurs envoyait des sms rassurants à la mère de la victime

Ce vendredi matin, les enquêteurs sont revenus, notamment, sur l'attitude de Jean-Marie Demeure après le crime. Celui qui a amené Nicolas dans le piège avait placé un avis de recherche sur Facebook mais il envoyait surtout des SMS à la maman de Nicolas pour la rassurer de la disparition de son fils. Meilleur ami de son fils, il manifestait aussi son inquiétude et lui promettait de retrouver Nicolas.

Jean-Marie Demeure fut le premier a être interpellé, le mercredi 9 novembre 2016, soit quatre jours après les faits. Il fut inculpé d'assassinat par le juge d'instruction à qui il dira "Nicolas était comme un frère pour moi". Pourtant, c'est lui qui l'a emmené chez la compagne d'Alexandre Devos à Dampremy où Nicolas a reçu les premiers coups de marteau sur la tête.

M. Demeure racontera aussi que, lorsque son ami fut pendu dans le hangar humide et froid de la rue de la Station à Lodelinsart, où son corps a été découvert, Nicolas était encore vivant car il a entendu "des bruits de circulation dans sa bouche" au moment où les quatre ont lâché la sangle.

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