Assises du Hainaut: Yasin Driessens condamné à 20 ans de prison pour le meurtre de Romain Martin

La cour d'assises du Hainaut a condamné, ce vendredi, Yasin Driessens à 20 ans de prison pour le meurtre de Romain Martin, commis le 8 juillet 2018 à Châtelet. Si la cour a retenu deux circonstances atténuantes (l'absence d'antécédent judiciaire et l'enfance déstructurée de l'accusé), elle a également souligné dans son jugement que les faits étaient d'une extrême gravité. Le 8 juillet 2018, Yasin Driessens avait mortellement roué de coups la victime sur un parking situé le long de la rue de Loverval à Châtelet.

L'avocat général à la cour d'assises du Hainaut, François Demoulin, avait requis, ce vendredi matin, une peine de 28 années de réclusion criminelle contre Yasin Driessens. Il avait demandé de ne pas descendre sous la barre de 25 ans contre celui qui, pendant le procès, a mis la pression sur des témoins via les réseaux sociaux, ce qui démontre un profil inquiétant. Le magistrat avait déclaré dans son réquisitoire que de nombreuses mains avaient été tendues vers le meurtrier, qui n'a pas eu un parcours de vie rêvé. Sur la personnalité du meurtrier, l'avocat général avait mis en évidence une personnalité violente, impulsive et borderline. Pour lui, un gros travail d'ordre psychologique doit être entrepris car le meurtrier ne fait aucune preuve d'empathie, ne manifestant aucune émotion quand il cogne Romain Martin ou quand il regarde une vidéo d'un homme balancé dans un canal. D'ailleurs, il avait pris en photo Romain, inconscient sur le trottoir de la rue de Loverval.

La défense de Yasin Driessens avait, pour sa part, demandé à la cour d'assises du Hainaut de ne pas prononcer la peine de 28 ans de prison réclamée par l'avocat général. La défense retenait cinq circonstances atténuantes: ses aveux, l'absence d'antécédent judiciaire, son jeune âge, son enfance déstructurée et le contexte des faits. Une peine située entre cinq et dix ans aurait été plus adéquate selon la défense, qui proposait toutefois une peine de cinq ans de prison assortie de conditions probatoires. "Il a formulé des regrets dès sa première audition à la police", a souligné Me Fanny Hanot, avocate de Yasin Driessens. Ce dernier n'avait, en outre, aucun antécédent judiciaire. Malgré de nombreux problèmes de comportement durant sa jeunesse, Yasin Driessens n'a jamais été renvoyé devant le tribunal de la jeunesse, ni devant le tribunal correctionnel. "Cela faisait trois ans qu'il habitait Châtelet mais aucun policier ne le connaissait", a argumenté la défense. Le jeune homme a entamé un suivi psychologique en prison afin de lui permettre de soigner son impulsivité.   Son jeune âge révèle en outre une certaine immaturité, "sans aucune structure, sans aucun repère, sans aucune stabilité", avait poursuivi Me Hanot. L'enfance déstructurée et chaotique du jeune homme avait également été mise en avant.

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