Assises du Hainaut : 25 ans de prison pour Thomas Lesire, meurtrier de Paulette Delpire à Châtelet

La cour d'assises du Hainaut a condamné, ce mercredi soir, Thomas Lesire à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Paulette Delpire commis le 31 mai 2019 à Châtelet.

L’octogénaire avait été frappée, asphyxiée et poignardée dans son appartement de la cité Heureuse à Châtelet.

Pour les jurés, la culpabilité de l’accusé reposait sur ses explications fournies devant la cour en plaidant coupable même s’il ne se souvenait pas des faits. Cependant, Thomas Lesire n’a pas dénié, lors de son procès, les explications fournies aux enquêteurs lors de son arrestation le 1er juin 2019. D’autre part, ses lunettes avaient été retrouvées sur la scène de crime ainsi que son ADN sur une bouteille de bière et deux morceaux de verre. Ce qui prouvait sa présence sur la scène de crime.

Les médecins légistes ont déclaré que, si l’asphyxie était la cause ultime du décès, le tueur avait utilisé un couteau qu’il avait enfoncé dans le poumon droit de la victime, avec une certaine force.

Des témoins avaient entendu celle-ci crier au secours et "arrête Thomas". Ce dernier avait été vu par plusieurs personnes dans l’immeuble où le crime avait été commis et il avait contacté ses collègues après les faits leur demandant de le conduire en France, car il venait de tuer quelqu’un.

Pour les jurés, l’intention d’homicide était établie par le mécanisme entraînant l’asphyxie, l’usage du couteau, la violence des coups, leur nombre et leur localisation, soit des zones vitales (tête, cou, thorax).

La défense avait plaidé l’irresponsabilité pénale, estimant que l’accusé avait perdu son libre arbitre au moment des faits, en raison d’une consommation de cocaïne et d’alcool. Pour les jurés, ce n’était pas crédible car le tueur, consommateur régulier de ces substances toxiques, en connaissait les effets. Il n’avait pas perdu le contrôle de ses actes et il avait toutes ses capacités de réflexion au moment du crime mais aussi après avoir tué Paulette Delpire.

La cour d'assises du Hainaut n’a retenu aucune circonstance atténuante en faveur de Thomas Lesire, coupable du meurtre de Paulette Delpire, commis le 31 mai 2019 à Châtelet, et l’a condamné à une peine de 25 ans de réclusion criminelle.

Le ministère public réclamait 25 ans de réclusion pour le meurtrier

Gilles Dupuis, avocat général à la cour d'assises du Hainaut, avait plaidé ce mercredi une peine de vingt-cinq années de réclusion criminelle contre Thomas Lesire. Le magistrat n’avait retenu aucune circonstance atténuante.

Concernant l’impératif de sécurité publique et la gravité des faits, l’avocat général ne retenait aucune circonstance atténuante, rappelant que la victime, âgée de 83 ans, rayonnait dans son entourage. "Elle ne méritait pas de subir un tel sort, car elle a été battue à mort, poignardée puis étouffée", avait-il expliqué. Sa mort a engendré une peine immense chez ses proches et un traumatisme chez ses voisins. "Le trouble social est maximal", avait déclaré l’avocat général.

Thomas Lesire possède un casier judiciaire mentionnant trois condamnations au tribunal de police. Pour l’accusation, cela ne plaidait pas en sa faveur. Concernant son parcours de vie, "il est en dents de scie" indiquait le magistrat. "Faire la fête était un besoin profond chez lui. Malgré toute l’aide apportée, il a poursuivi sa fuite en avant, consommant drogue et alcool". L’accusation notait encore que l’homme avait tendance à mentir à ses proches. Le vécu du tueur ne présentait aucune circonstance atténuante, selon l’accusation. Enfin, l’accusation estimait que l’amendement n’existait pas chez l’accusé, qui a préféré se taire lors du procès, alors qu’il avait fait des déclarations lors de l’instruction. Sa mémoire apparaissait sélective selon la personne à laquelle il était confronté. Ainsi, il n’avait plus de souvenirs devant les policiers et les magistrats mais il en avait devant les experts en santé mentale. "On attendait des explications crédibles et une amorce d’amendement. Or, comment s’amender quand on est dans le déni ? Le travail aurait dû se faire bien avant le procès et pas après comme il l’a déclaré lors de l’instruction d’audience". Procrastiner n’est pas une solution, estimait l’accusation.

Le jury a suivi l’avis de l’avocat général dans ses délibérations : il a condamné Thomas Lesire à 25 ans de réclusion criminelle.

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