Assises du Hainaut: Quentin Hottat reconnu coupable de matricide

Quentin Hottat a été reconnu coupable ce mercredi aux Assises du Hainaut du meurtre de sa mère à Quevaucamps à la mi-août 2014.
Quentin Hottat a été reconnu coupable ce mercredi aux Assises du Hainaut du meurtre de sa mère à Quevaucamps à la mi-août 2014. - © Belga - Virginie Lefour

Quentin Hottat (32 ans) a été reconnu coupable, mercredi, du meurtre de sa mère commis à Quevaucamps (Beloeil), à une date comprise entre le 12 et le 15 août 2014, par le jury de la cour d'assises du Hainaut. Pour le jury, les aveux de l'accusé ont été corroborés par l'enquête et les expertises judiciaires. L'intention d'homicide est aussi retenue car "les coups portés à des endroits vitaux sont révélateurs d'un acharnement qui ne pouvait être que fatal". Selon le code pénal, un parricide est condamné par une peine de réclusion criminelle à perpétuité.

Un carnage

Mercredi après-midi, l'avocat général, Isabelle Algoet, a insisté sur le débat "raisonné mais humain" qui devait avoir lieu lors du débat sur la peine. "Ce dossier est un carnage. Ce sont des faits d'une gravité extrême", martèle l'avocat général qui ne trouve là aucune circonstance atténuante. Elle n'en trouve pas plus dans la personnalité de la victime qui "était la meilleure des mamans qui a mis sa vie entre parenthèses pour soutenir son fils jusqu'au bout".

La personnalité de l'auteur est l'élément central des débats. "Évidemment qu'il a des qualités, au point d'inspirer de l'affection et de la pitié. Il a des remords sincères", dit-elle avant d'anticiper la plaidoirie de la défense "qui parlera certainement d'un petit orphelin qui a grandi sur une seule jambe". La magistrate laissera au jury le soin d'apprécier en rappelant que l'accusé avait clamé qu'il ne changerait son enfance pour rien au monde. "Il ne croyait pas en lui-même et elle croyait pour deux".

Une consommation problématique

Pour l'avocat général, il est normal que l'accusé éprouve des regrets. "Dans une société où on a des valeurs, il est normal d'avoir des regrets, surtout quand on tue une mère exceptionnelle." Sur le volet sécurité publique, dernier des quatre points évoqués dans les circonstances atténuantes, l'avocat général s'en réfère aux experts en santé mentale qui ont répondu qu'il était dangereux socialement quand il consomme. "Qu'est-ce qui qualifie sa vie? Vingt ans de consommation, vingt ans d'esclavagisme avec une dernière rechute mortelle. Il savait que sa consommation était problématique et il doit apprendre à gérer ses traits border-line".

L'avocat général est revenu sur plusieurs faits qui ont été présentés lors du procès qui démontre que quand l'accusé se met dans des états pas possibles, il peut se montrer dangereux. Pour Isabelle Algoet, "ses addictions ont gagné et il a fait sauter le verrou le plus solide". Elle se demande qui peut être à l'abri de ce gaillard qui a besoin de faire un très gros travail sur lui-même. Isabelle Algoet retient quand même que l'accusé a fait un très bon constat de sa situation. "Il est conscient du long chemin qu'il a à faire, de faire un travail avec les gens qui sont là pour l'aider en prison. Il a le soutien de sa famille et c'est ce que je lui souhaite."

Elle n'a pas requis la peine de réclusion criminelle à perpétuité et a demandé au jury de trouver un équilibre, sans descendre sous une peine de vingt ans.

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